Reconduit pour un nouveau mandat de trois ans à la tête du comité de gestion de l'aire marine communautaire protégée (AMCP) de la Somone, Saliou Mbodji demeure au coeur d'un dispositif local qui va bien au-delà de la Petite Côte. Cette reconduction, intervenue à l'issue de l'Assemblée générale du comité, traduit la confiance renouvelée des communautés riveraines de Sindia et de la Somone, tout en réaffirmant leur attachement à une gouvernance participative fondée sur le respect des textes et la rotation de la présidence.
Dans un contexte marqué par la pression climatique, la surexploitation des ressources, les défis de gouvernance, l'aire marine protégée de la Somone se trouve à un moment charnière. Devenue à la fois espace de préservation, de pédagogie et de recherche scientifique, elle cristallise aujourd'hui de fortes attentes de la part des populations locales, des collectivités territoriales et des partenaires de l'État
« Nous n'avons pas droit à l'erreur, encore moins au recul », prévient Saliou Mbodji, conscient que les choix opérés à l'échelle locale ont désormais une portée nationale. D'autant plus que le Sénégal accueillera, à l'horizon 2027, le grand rendez-vous international des aires marines communautaires protégées. La Somone, appelée à figurer parmi les sites vitrines, devra alors démontrer sa capacité à conjuguer rigueur organisationnelle, crédibilité institutionnelle et efficacité écologique.
Pour le comité de gestion, cet événement représente à la fois un défi et une opportunité : prouver que les communautés locales peuvent être des actrices centrales de la gouvernance environnementale et de la diplomatie climatique. Dans cette perspective, le nouveau mandat entend franchir un cap en matière de modernisation.
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Parmi les priorités annoncées figurent la modernisation de la communication, l'archivage et la valorisation des actions menées sur le terrain, ainsi que le recours accru aux outils numériques pour documenter et diffuser les bonnes pratiques. « Les communautés font un travail de titan, mais ce travail reste trop peu connu », souligne le président reconduit, qui ambitionne de projeter l'expérience de la Somone sur les scènes nationale et internationale.
Dans un contexte de crise climatique globale, l'aire marine protégée nourrit également l'ambition de capter des financements verts et des fonds climat, tout en développant un écotourisme encadré et responsable. L'objectif affiché est clair : concilier protection des écosystèmes marins, création de revenus locaux et amélioration durable des conditions de vie des populations riveraines, largement dépendantes de la pêche artisanale.
La Somone se trouve ainsi au coeur d'une équation délicate : protéger la mer sans compromettre la survie sociale des communautés. La reconduction de Saliou Mbodji apparaît moins comme un simple choix de continuité que comme un pari sur la capacité collective à se réformer, à innover et à préserver l'esprit participatif qui fonde depuis l'origine le combat pour une « mer vivante ».