Le Conseil Présidentiel de l'Investissement (CPI) rénové, est attendu au mois de mars prochain. En prélude à ce rendez-vous, un atelier de concertation avec le secteur privé s'est tenu hier, lundi 09 février. Cette rencontre organisée sur instruction du président de la République lors du Conseil des ministres du 26 novembre 2026, est conduite par la Primature en collaboration avec APIX S.A. Elle a pour objectif de recueillir les contributions des acteurs du secteur privé afin de renforcer les axes majeurs du CPI rénové, conçu comme un cadre stratégique de dialogue entre l'État et le secteur privé pour la promotion de l'investissement au Sénégal
S'exprimant à cette occasion, le directeur général de l'APIX, Bakary Sega Bathily, a rappelé la portée institutionnelle du CPI : « Au-delà des réformes, le CPI a surtout consolidé une culture nouvelle : celle de la concertation directe entre la plus haute autorité de l'État et les investisseurs. Grâce à ce mécanisme, plusieurs obstacles historiquement perçus comme structurels ont pu être levés dans des délais exceptionnellement courts.
Cependant, comme toute institution vivante, le CPI doit évoluer pour s'adapter aux exigences d'une économie en transformation rapide. L'évaluation que nous menons aujourd'hui n'est pas une remise en cause du CPI ; elle est au contraire la preuve de son succès. Cependant, un instrument, pour être efficace, doit évoluer lorsque les enjeux changent », a-t-il soutenu.
Selon lui, le contexte économique du Sénégal a profondément évolué, marqué notamment par l'exploitation des ressources pétrolières et gazières, une compétition internationale accrue pour l'attraction des investissements et la nécessité de promouvoir davantage les investissements domestiques et de développer les partenariats.
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« Dans ce nouveau contexte, le format actuel présente plusieurs limites notamment le rythme de concertation est très insuffisant pour traiter les contraintes opérationnelles quotidiennes des entreprises ; la mise en oeuvre des décisions est parfois lente, faute d'un dispositif permanent de suivi opérationnel et le dialogue encore trop centralisé, ne captant pas toujours la diversité des réalités sectorielles et territoriales. Au final, il apparait que le CPI a été très efficace comme organe de décisions stratégiques, mais le contexte actuel exige désormais un organe à la fois stratégique et opérationnel », souligne-t-il.
Dans cette perspective, le directeur général de l'APIX, a précisé que l'ambition n'est pas seulement de reconduire le CPI, mais bien de le transformer en un dispositif modernisé, plus dynamique et plus proche des préoccupations réelles des investisseurs.
Représentant le secteur privé, le président du Conseil national du patronat, Baïdy Agne, a insisté sur la nécessité d'une action conjointe entre l'Etat et le secteur privé pour améliorer l'environnement des affaires. Il a mis l'accent sur l'importance des réformes qui s'imposent et sur la mise à niveau la qualité des services publics destinés aux entreprises. Abordant les modalités d'organisation du CPI rénové, il a exprimé le souhait du secteur privé de ne pas voir cette instance de limiter à « une grande messe ».
« Nous pensons qu'un bon CPI Rénové doit être une instance d'arbitrage et de décision pour améliorer l'environnement et le climat des affaires, ainsi que pour rendre plus attractif l'investissement privé au Sénégal. Cela nécessite bien entendu la structuration de groupe de travail thématique autour des réformes en cours ayant un impact sur les entreprises », a-t-il suggéré.