Ile Maurice: Nivesh Pargass, l'artisan qui sculpte la foi...

10 Février 2026

À Fond-du-Sac, dans une cour transformée en atelier à ciel ouvert, Nivesh Pargass donne forme à la foi, à la tradition et à la créativité. Âgé de 32 ans, ce graphiste de profession est surtout connu pour son travail artisanal unique, réalisé entièrement à la main. Sculpteur passionné, il crée des idoles Murti et des structures religieuses qui accompagnent de nombreuses célébrations à travers le pays, notamment lors du Cavadee, de Maha Shivaratri et de Ganesh Chaturthi.

Depuis son enfance, Nivesh Pargass est attiré par l'art. Il commence par le dessin, offrant ses croquis à ses parents et aux voisins. Les encouragements qu'il reçoit à cette époque jouent un rôle important. «Sa ti fer mwa krwar dan mwa-mem», dit-il simplement. Petit à petit, l'art devient plus qu'un passe-temps : c'est une manière de s'exprimer.

C'est devant la télévision que naît son intérêt pour la sculpture. Chaque matin, il regarde l'émission Terracotta diffusée sur la MBC. Fasciné par les gestes précis des artisans, il décide d'essayer à son tour. Sans outils professionnels, il prend de la terre dans sa cour, la mélange avec de l'eau et commence à modeler. Les premières formes sont simples, mais elles plaisent.

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C'est en 2012 que Nivesh Pargass fait ses premiers pas concrets dans la sculpture religieuse. Le véritable tournant arrive lorsqu'un voisin lui fait confiance pour une commande particulière : sculpter une statue de Ganesh pour Ganesh Chaturthi. Nivesh n'a jamais réalisé de divinité auparavant. Il hésite, doute, mais accepte le défi. Cette première idole n'est pas parfaite, mais elle touche ceux qui la voient.

«Sa idol-la ti ena enn kiksoz spesial», se souvient-il. À partir de ce moment, les demandes commencent à affluer. Chaque année, Nivesh réalise environ une centaine d'idoles de Ganesh. Il fait un choix clair : ne jamais utiliser de moules. Toutes ses créations sont uniques, façonnées à la main, avec beaucoup de soin. Les couleurs sont vives, les détails travaillés et chaque pièce porte sa propre identité.

Avec le temps, Nivesh élargit son savoir-faire. Il ne travaille pas seulement avec la boue ou l'argile, mais aussi avec le silicone et le ciment. Pour certaines grandes structures religieuses, notamment lors de Maha Shivaratri ou du Cavadee, il utilise également le polystyrène. Là encore, il apprend seul, par l'observation et l'expérimentation.

Conscient que peu de jeunes s'orientent vers ce type de métier, Nivesh lance un message clair. Il encourage la nouvelle génération à s'intéresser à l'artisanat religieux. «Pena boukou dimounn ki fer sa. Si to ena talan ek pasion, li enn metier ki kapav raport kas», affirmet-il. Pour lui, ce travail demande de la patience, de la discipline et du respect pour la tradition, mais il offre aussi des opportunités économiques réelles. Il insiste sur l'importance de croire en son talent et de ne pas l'abandonner.

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