Afin de calmer la tension au sein de l'espace universitaire, le Secrétariat national du Syndicat autonome de l'enseignement supérieur (SAES) demande une analyse froide des responsabilités des uns et des autres, que toute la lumière soit faite sur ces tragédies et que les coupables soient identifiés et sanctionnés.
Le Syndicat autonome de l'enseignement supérieur (SAES) condamne avec la dernière énergie, l'usage disproportionné de la violence aveugle par les forces de l'ordre qui sont allées au-delà du maintien de l'ordre face aux étudiants. Ce qui a conduit, souligne le syndicat, à cette mort tragique et à l'embrasement général des universités publiques sénégalaises.
« Le SAES tient le gouvernement du Sénégal pour responsable de toutes ces victimes qui ne sont qu'une conséquence de la mauvaise gestion des crises universitaires. Le Saes demande une analyse froide des responsabilités des uns et des autres, que toute la lumière soit faite sur ces tragédies et que les coupables soient identifiés et sanctionnés », a soutenu le syndicat à l'issue d'une réunion tenue mardi.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Ainsi, le Secrétaire national tient à informer l'opinion publique nationale et internationale que le Saes a maintes fois pointé du doigt les problèmes qui gangrènent le fonctionnement des universités publiques. Et qui sont pour ces syndicalistes, à la base du dérèglement du calendrier académique et par conséquent du problème de paiement des bourses, « sans qu'aucune solution véritable ne soit apportée ».
Ces maux qui gangrènent le système
Dès lors, le Saes cite notamment la « massification incontrôlée » sans tenir compte des capacités d'accueil des universités en violation de la loi sur les universités. D'après ce syndicat, les dotations budgétaires « ne couvrent pas » les dépenses de personnel, pédagogiques, d'enseignement et de recherche. Mais le déficit en personnel d'enseignement et de recherche ; la non-livraison des infrastructures pédagogiques et sociales entamées dans les universités depuis plus de dix ans et la non-évaluation des réformes et en particulier celles du LMD.
« Malgré la bonne volonté du Saes et les efforts consentis par les enseignants-chercheurs pour revenir à un calendrier universitaire normal, l'absence de solutions durables à ces problèmes va définitivement compromettre la stabilité du sous-secteur de l'Enseignement supérieur », indique le Saes.
Étant donné que l'histoire récente a montré qu'aucune réforme ne saurait se faire sans un minimum de consensus, sans une démarche inclusive et transparente et compte tenu du décalage de l'année académique, le Saes demande au gouvernement de surseoir, pour le moment, à cette réforme. Ceci, afin d'engager des concertations sérieuses sur toutes les questions qui sont à la base du dérèglement du calendrier académique et du problème de paiement des bourses.
Il convient de noter que le Secrétariat national du SAES s'est réuni en urgence ce mardi 10 février suite au décès tragique, ce lundi 9 février 2026, d'Abdoulaye BA, étudiant à la faculté de Médecine de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar suite à l'incursion des forces de l'ordre dans le campus social.