Face à la forte menace liée au vol de bétail, 15 pays d'Afrique de l'Ouest, en collaboration avec la FAO, ont mis en place une coalition sous-régionale pour lutter contre ce fléau. La cérémonie de lancement de cette coopération a eu lieu, ce lundi, à Dakar, en présence des autorités étatiques et des responsables de l'ONU.
Réduire de 70 % le vol de bétail d'ici à 2031. C'est l'un des objectifs de la coalition sous-régionale lancée, hier, à Dakar, par 15 pays d'Afrique de l'Ouest. C'était lors d'un atelier de quatre jours ouvert hier. Ce programme régional 2026-2030 est doté d'un budget de 345,13 millions de dollars, soit environ 192 milliards 78 millions de FCfa. La stratégie repose sur la modernisation de l'identification et de la traçabilité ainsi que sur le renforcement de la coopération sécuritaire transfrontalière.
Le programme fait également appel à la mobilisation des communautés et du secteur privé avec une stratégie basée sur l'innovation technologique, la recherche-développement. Les pays membres veulent à travers cette stratégie dans une dynamique unitaire, endiguer le vol de bétail. Ainsi, durant cet atelier, les participants présenteront un diagnostic régional complet et partageront des solutions éprouvées en matière de gouvernance, d'organisation et de technologies.
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Les discussions porteront aussi sur le programme régional 2026-2030. Celui-ci vise à structurer des actions ambitieuses et coordonnées dans les 15 pays concernés. L'une des priorités est l'opérationnalisation de la coalition sous-régionale multi acteurs, visant à fédérer les États, les organisations régionales, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé et les communautés pastorales.
Le vol de bétail, une menace grave pour... Selon Mabouba Diagne, ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage, le vol de bétail, est certes «une atteinte aux biens des éleveurs», mais, surtout «une menace grave pour la stabilité économique, la sécurité alimentaire, la paix sociale et la mobilité pastorale». À son avis, les États doivent déployer des stratégies nationales «claires, intégrées et ambitieuses, fondées sur une vision globale de la sécurité pastorale».
«Le vol de bétail dépasse largement les frontières nationales. Les réseaux criminels profitent de la porosité des frontières, des failles de nos systèmes de contrôle et de la mobilité des troupeaux, souvent liée à la recherche de pâturages et d'eau», souligne-t-il. Selon lui, «c'est la raison pour laquelle le Sénégal, aux côtés de ses partenaires, place la coopération transfrontalière au coeur de sa stratégie». Pour Bintia Stephen Tchicaya, coordonnatrice sous-régionale de la Fao pour l'Afrique de l'Ouest, aucune solution «strictement» nationale ne peut endiguer le fléau.
Elle milite pour «des approches concertées, multisectorielles et multi-acteurs, associant les administrations publiques, les forces de sécurité et de défense, le système judiciaire, les collectivités territoriales, les organisations professionnelles, la société civile, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers».
«Le vol de bétail fragilise les ménages, appauvrit les pasteurs, alimente les tensions intercommunautaires et contribue à l'insécurité dans plusieurs zones de la région», déplore la coordonnatrice. Pour elle, «il est indispensable de renforcer les capacités institutionnelles, opérationnelles et techniques des administrations concernées pour mieux articuler la sécurité intérieure, la justice, l'élevage, le commerce et la gouvernance territoriale et locale.