L'économie mondiale devrait enregistrer une croissance modérée mais fragile en 2026, dans un contexte marqué par une incertitude géopolitique persistante et des risques financiers élevés, selon la troisième édition du rapport Perspectives économiques mondiales 2026, publié par l'Association of Chartered Certified Accountants (ACCA).
D'après le scénario central de l'ACCA, la croissance du produit intérieur brut (PIB) mondial devrait avoisiner 3% cette année, à un rythme similaire à celui observé en 2025. Cette dynamique s'appuierait principalement sur une politique monétaire plus accommodante dans les grandes économies, un certain assouplissement budgétaire, ainsi que la poursuite de l'essor de l'intelligence artificielle (IA), considérée comme un moteur potentiel de productivité à moyen terme.
Le rapport souligne que l'économie mondiale a fait preuve d'une résilience supérieure aux attentes en 2025, malgré de fortes perturbations commerciales et un environnement politique incertain. Cette capacité de résistance devrait se prolonger en 2026, même si l'ACCA insiste sur la fragilité de l'équilibre actuel et sur la persistance de risques orientés à la baisse.
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Invité à livrer son analyse dans le cadre du rapport, KenRogoff, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), décrit une économie mondiale «solide mais peu dynamique». Il estime que les marchés financiers ne reflètent pas pleinement l'ampleur de l'incertitude globale et avertit qu'une correction boursière significative pourrait survenir au cours des prochaines années, même si une poursuite de la hausse des marchés reste possible à court terme. Il met également en garde contre les conséquences à moyen terme des politiques économiques populistes, notamment aux États-Unis.
Trois facteurs déterminants
Selon Jonathan Ashworth, économiste en chef de l'ACCA et auteur du rapport, les États-Unis devraient afficher la croissance la plus rapide parmi les pays duG7 en 2026. Cette performance serait en partie liée à la volonté de l'administration américaine de soutenir l'activité économique à l'approche des élections de mi-mandat. Toutefois, il souligne que le contexte international demeure instable, marqué par des tensions géopolitiques accrues , des risques d'escalade des conflits commerciaux et des inquiétudes croissantes concernant l'indépendance des banques centrales, en particulier celle de la Réserve fédérale américaine.
Le rapport identifie trois facteurs déterminants susceptibles d'influencer les perspectives économiques mondiales en 2026. Le premier concerne l'évolution de l'IA : si les investissements commencent à générer des gains de productivité tangibles, les craintes d'une bulle spéculative pourraient s'atténuer. Une déception sur ce front renforcerait en revanche le risque de correction des marchés financiers.
Le deuxième facteur porte sur les marchés obligataires des économies avancées. Une hausse marquée des rendements des obligations souveraines pourrait peser sur la croissance et alourdir le service de la dette publique. Enfin, le troisième enjeu concerne le commerce mondial, alors que les répercussions de la hausse des droits de douane américains et le risque d'une nouvelle escalade des tensions commerciales restent sources d'incertitude.
Les chefs d'entreprise interrogés par l'ACCA mettent également en avant plusieurs priorités pour 2026. Outre l'IA, la géopolitique et le commerce international, ils mentionnent la transition écologique et la cybersécurité.