Guinée: Toumba Diakité - Toujours dans le rôle principal

Toumba Diakité
analyse

Et Toumba fait reparler de lui ! Incarcéré à la Maison centrale de Conakry depuis la fin de son procès, il aurait été, le 10 février dernier, transféré manu militari à la prison centrale de Coyah. Ce changement de lieu de séjour fait suite à une opération de fouille inopinée au sein de la Maison centrale de Conakry à laquelle Toumba a refusé de se soumettre et lors de laquelle il a adopté une attitude agressive, selon le parquet général près la Cour d'appel de Conakry. Des coups de feu ont été même tirés pendant l'opération par les forces spéciales, venues pour les besoins de la cause.

Destin toujours très mouvementé pour celui qui fut, après le coup d'Etat de 2008, l'aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara en rejoignant l'unité d'élite des « Bérets rouges » (une unité chargée de la sécurité présidentielle), dont il devint le chef. Mais après les massacres du 28 septembre 2009 dans le stade de Conakry, Toumba est accusé d'en être le responsable. Le 3 décembre 2009, il ouvre le feu sur le président Moussa Dadis Camara et le blesse gravement, alors que ce dernier semblait aussi rejeter sur lui la responsabilité des massacres.

Le procès sur ces événements tragiques ayant entraîné la mort, au bas mot, de 157 personnes, les viols et mutilations de 109 femmes et 1500 blessés a aussi débuté un 28 septembre, précisément en 2022. Le 31 janvier 2024, la sentence tombe : Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba, écope de 10 ans de prison pour crime contre l'humanité, viol, meurtre, torture, enlèvement, séquestration du fait de sa responsabilité de commandement.

Depuis lors, il était incarcéré à la prison centrale de Conakry et avait pratiquement fini de purger sa peine puisqu'il était au gnouf depuis 2017. Une chose est sûre : s'il est retourné à la case prison à l'issue du jugement, un mythe s'est construit autour de son personnage pendant ce procès, et bien des Guinéens ne juraient plus que par lui.

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C'est à croire que dans ce long feuilleton aux multiples rebondissements, il est resté l'acteur principal, jetant aux oubliettes un Dadis Camara qui était pourtant le principal accusé mais qui, à la longue, jouait plutôt un rôle de figurant face au jeu d'acteur d'un Toumba qui tenait en haleine le public. La tête brûlée qu'il était s'est ainsi tapé une cure de jouvence.

Peut-être que cette fois-ci encore, il s'en sortira, comme son ancien patron Dadis, condamné à 20 ans de prison, qui a bénéficié d'une grâce présidentielle fin mars 2025 et qui hume, depuis lors, l'air frais de la liberté.

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