Lors du deuxième jour de l'atelier bilan du projet Prévention et résilience des systèmes alimentaires dans les zones transfrontalières (PCR-SAT), Fatou Cissé, sociologue et experte genre à l'IPAR, a mis en lumière un pilier essentiel du projet : l'inclusion concrète des femmes et des jeunes dans les filières agricoles, en particulier celles des protéines végétales.
Avant même le lancement du PCR-SAT, deux études ont été menées sur le genre et l'autonomisation économique. Leurs résultats révèlent des contraintes systémiques qui, au-delà des difficultés générales du secteur agricole, accentuent la vulnérabilité des femmes rurales, notamment dans les zones transfrontalières où la faible territorialisation des politiques publiques limite l'accès aux opportunités. Dans ces espaces souvent éloignés des centres de décision, les femmes cumulent plusieurs formes de vulnérabilité : liées à leur genre, à leur statut rural et au contexte transfrontalier.
Pour y répondre, le projet a intégré des stratégies dites « affirmatives ». Parmi elles : la discrimination positive lors du choix des bénéficiaires et l'exigence de parité hommes-femmes dans les assemblées villageoises et comités d'aménagement. « Il ne suffit pas d'inviter les femmes à participer, il faut leur garantir les mêmes opportunités économiques », a souligné Fatou Cissé.
Les jeunes constituent l'autre priorité de cette approche. Contrairement aux idées reçues, les études montrent qu'ils ne rejettent pas l'agriculture, mais le modèle actuel, jugé peu attractif et peu porteur d'épanouissement socio-économique. Leur attente est claire : un modèle agricole moderne et viable, capable d'offrir un niveau de vie comparable à celui des jeunes en milieu urbain. Rendre l'agriculture attractive devient ainsi un levier pour freiner l'exode rural et les départs clandestins.
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A travers cette vision, le PCR-SAT entend démontrer que la résilience des systèmes alimentaires passe aussi par une transformation des opportunités offertes aux femmes et aux jeunes. L'inclusion devient alors une stratégie centrale pour un développement agricole durable dans les zones transfrontalières.