Sénégal: Transmission volontaire du Vih/SIDA - Ce que prévoit la loi sénégalaise

11 Février 2026

La transmission volontaire du VIH est passible de cinq à dix ans d'emprisonnement et d'une amende comprise entre 2 et 5 millions de francs CFA, conformément à la loi n° 2010-03 du 9 avril 2010 relative à la prévention, à la prise en charge et au contrôle du VIH/Sida.

Ce rappel intervient dans un contexte marqué par l'interpellation de douze individus à Keur Massar et Diamniadio, dans la banlieue dakaroise, pour des faits présumés de transmission volontaire du virus, de mise en danger d'autrui et d'actes sexuels illégaux, selon la Brigade de recherches (BR) locale.

L'article 36 de la loi précitée sanctionne « toute personne sachant son statut sérologique positif et transmettant volontairement le virus » d'une peine de cinq à dix ans de prison, assortie d'une amende pouvant atteindre 5 millions de francs CFA. Ces dispositions sont complétées par le Code pénal sénégalais, notamment en matière d'atteinte à l'intégrité physique. L'article 307 réprime les préjudices causés à autrui par maladresse, imprudence, négligence ou inobservation des règlements.

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Selon des sources sécuritaires, huit des douze personnes interpellées seraient séropositives, deux en attente de confirmation et quatre séronégatives. Les mis en cause auraient reconnu avoir eu des rapports sexuels non protégés malgré la connaissance de leur statut sérologique. Ils devraient être présentés au parquet. Dans son communiqué, le ministère de la Santé rappelle que le VIH se transmet principalement par voie sexuelle, sanguine ou de la mère à l'enfant, et insiste sur l'importance du dépistage gratuit et confidentiel ainsi que de l'accès universel au traitement antirétroviral.

26 personnes sous mandat de dépôt

« Près de 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, et 92 % d'entre elles ne transmettent plus le virus », souligne le texte, précisant qu'un traitement efficace permet d'atteindre une charge virale indétectable, supprimant ainsi le risque de transmission. Selon les données de 2023 du Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS), le Sénégal compte environ 41 880 personnes vivant avec le VIH, dont 22 691 femmes et 3 443 enfants de moins de 15 ans.

Par ailleurs, la presse a fait état d'une affaire distincte impliquant un réseau pédocriminel présumé, pour lequel quatorze mandats de dépôt ont été délivrés. Parmi les suspects cités figurent A. Lô, se présentant comme « femme » de P. Robert, interpellée avec sept jeunes garçons, ainsi que M. S. Guèye, B. Senghor (alias « Boubacar Sweetie ») et B. Diallo. Le réseau projetait également de créer un « Centre de formation au sexe » pour enfants à Dakar.

Le ministère de la Santé affirme que toutes les mesures nécessaires à la protection de la santé publique sont mises en oeuvre en collaboration avec les acteurs sanitaires et communautaires, tout en appelant à la responsabilité collective et à l'évitement de toute stigmatisation susceptible de compromettre la continuité des soins.

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