La 2e édition de la Semaine de la Défense pénale s'est ouverte le 11 février 2026 à Abidjan autour du thème: « L'Avocat pénaliste face à la criminalité transnationale organisée ». Prévue jusqu'au 13 février, cette rencontre se veut un temps fort de réflexion sur les mutations profondes de la justice pénale en Côte d'Ivoire.
Dans une allocution solennelle, la bâtonnière de l'Ordre des avocats de Côte d'Ivoire, Maître Florence Loan-Messan, a souligné que ce rendez-vous dépasse le cadre corporatiste. « La criminalité transfrontalière n'est plus une hypothèse doctrinale.
Elle constitue aujourd'hui une réalité concrète, quotidienne et mouvante », a-t-elle déclaré. Blanchiment de capitaux, financement du terrorisme, cybercriminalité, trafics organisés : autant d'infractions qui imposent au pénaliste une expertise élargie, incluant la maîtrise des mécanismes financiers internationaux et des procédures de coopération judiciaire.
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Tout en saluant les efforts de la Côte d'Ivoire dans la lutte contre ces fléaux, la bâtonnière a rappelé l'impératif d'équilibre : « La sécurité publique et l'État de droit ne s'opposent pas ; ils se complètent». Elle a insisté sur le rôle central de l'avocat, « défenseur des libertés », garant du contradictoire et de la légitimité de l'action judiciaire.
Elle a également rendu hommage au Procureur général Ali Yeo, parrain de l'événement, ainsi qu'à la présidente du Pôle pénal économique et financier, Madame Abanet, et au Général Timité, Directeur général adjoint de la Police, saluant un dialogue institutionnel indispensable à une justice efficace.
Prenant la parole, le Procureur général près la Cour des comptes, Ali Yeo, a mis en garde contre les dérives possibles d'une justice d'exception. Si la coopération internationale est devenue incontournable face à des crimes sans frontières, elle ne saurait se faire au détriment des garanties fondamentales. « Une justice qui renoncerait à ses principes pour gagner en efficacité perdrait sa légitimité », a-t-il averti. Pour lui, l'avocat « n'est pas l'adversaire de la justice, mais l'un de ses piliers », garant du respect de la procédure et des libertés.
Magistrats et avocats, a-t-il rappelé, partagent une responsabilité commune : préserver l'indépendance de la justice et la rigueur du droit. En déclarant ouverte cette deuxième édition, il a exprimé le voeu de voir émerger « des praticiens hautement qualifiés, mais aussi des juristes pleinement conscients de leur responsabilité historique ». Durant trois jours, la défense pénale ivoirienne se penche ainsi sur un enjeu majeur : adapter ses pratiques aux nouvelles formes de criminalité, sans jamais renoncer aux principes fondamentaux de l'État de droit.