Le feuilleton du marché de scanning au Port Autonome de Douala vient de connaître un rebondissement spectaculaire. TransAtlantic, la société qui pensait avoir décroché le jackpot portuaire, a été sommée de restituer son matériel informatique ce mardi. Un camouflet cinglant pour Edwin Che, son directeur général, qui affichait encore sa confiance ce weekend.
Un procès-verbal sans appel
Le document de restitution ne laisse aucune place au doute. Vingt-cinq ordinateurs portables HP, trois laptops sans chargeurs, deux Dell complets et quatre modems MTN : tout a été rendu à Emmanuel Youta, représentant de la société. Une opération menée sur instruction de la hiérarchie, formule bureaucratique qui cache une bataille féroce entre institutions camerounaises.
Bataille institutionnelle : le PAD face au MINFI
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D'un côté, le PAD qui défendait bec et ongle TransAtlantic, espérant gagner en autonomie financière en s'affranchissant des circuits traditionnels. De l'autre, un duo implacable : la Primature et le MINFI qui maintiennent SGS comme prestataire légitime de ce marché juteux. Le bras de fer a tourné court.
Bien plus qu'une histoire de scanners
Ce n'est pas qu'une affaire de scanners. C'est un test de pouvoir. Qui décide vraiment au port ? Qui contrôle les flux de marchandises et surtout, les juteux contrats de contrôle douanier ? Les déclarations indélicates d'Edwin Che ce weekend ont probablement précipité l'issue. Dans les couloirs du ministère, on murmure que la confiance affichée du patron de TransAtlantic ressemblait davantage à de l'arrogance.
SGS sort grand vainqueur
La restitution du matériel marque la fin d'une illusion : celle d'un Port Autonome vraiment autonome. SGS, géant suisse du contrôle et de la certification, sort grand vainqueur de cette passe d'armes. L'entreprise conserve sa position dominante sur un marché stratégique où chaque conteneur scanné génère des revenus substantiels.
L'addition salée pour TransAtlantic
Pour TransAtlantic, l'addition est salée. Au-delà de l'humiliation publique, c'est un manque à gagner considérable. Le scanning portuaire au Cameroun, c'est des dizaines de milliers de conteneurs par an, des millions de francs CFA en jeu. Un Eldorado désormais inaccessible.
Les limites de l'autonomie affichée
Cette affaire révèle aussi les limites de l'autonomie affichée des établissements publics camerounais. Quand les enjeux financiers deviennent trop importants, la tutelle reprend vite la main. Le PAD en fait aujourd'hui l'amère expérience.
Reste une question brûlante : ce coup de force va-t-il vraiment clore le dossier, ou n'est-ce qu'une étape dans une guerre commerciale qui se jouera désormais devant les tribunaux ?