Une enveloppe de plus de 175 milliards de francs CFA a été mobilisée par la Banque mondiale. Ce financement qui permettra de déployer des infrastructures de drainage résilientes au climat et de renforcer la planification urbaine dans les zones les plus vulnérables de Dakar.
L'État du Sénégal a démontré, selon le vice-président régional pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre de la Banque mondiale, Ousmane Diagana, un « engagement résolu à protéger ses populations » contre les inondations récurrentes. Qui menacent les zones périurbaines de Dakar.
Prenant la parole, lors de la visite jeudi, des infrastructures du Projet de gestion des eaux pluviales et d'adaptation au changement climatique phase II (PROGEP II), M. Diagana a indiqué que cette initiative s'inscrit pleinement dans cette dynamique nationale.
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Ainsi, il a souligné que la Banque mondiale, à travers l'Association internationale de développement (IDA), accompagne cette ambition en tant que partenaire solide, aux côtés du Fonds nordique de développement et du gouvernement du Sénégal. « Le financement total mobilisé s'élève à environ 318 millions de dollars, soit plus de 175 milliards de francs CFA, permettant de déployer des infrastructures de drainage résilientes au climat et de renforcer la planification urbaine dans les zones les plus vulnérables de Dakar », a-t-il dit.
Dans la banlieue dakaroise, notamment à Keur Massar, ce chiffre, selon le vice-président régional pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre de la BM, se matérialise par des routes qui, il y a encore peu de temps, étaient impraticables pendant des mois. Il prend aussi vie à travers un bassin de rétention qui, lors de la dernière saison des pluies, a fait exactement ce pour quoi il a été conçu : absorber, retenir, protéger.
Environ 1330 hectares protégés contre les inondations récurrentes
En fait, d'après les chiffres de la Banque mondiale, depuis le démarrage du projet, plus de 50 kilomètres de réseaux de drainage primaire et secondaire ont été mis en place dans les communes de Keur Massar Nord, Keur Massar Sud et Jaxaay-Parcelles. Plus de 30 kilomètres de routes ont été pavées. Environ 1330 hectares ont été protégés contre les inondations récurrentes, bénéficiant à 220 000 personnes dans la région de Dakar.
« L'approche de gestion communautaire, ancrée dans les Comités locaux de gestion des eaux pluviales (Coligeps), est au coeur de la pérennité de ces investissements. Ces comités locaux sont en train de se formaliser en coopératives de services municipaux », a ajouté M. Diagana.
Pour lui, en créant ces structures, ils créent aussi des opportunités d'emploi pour les jeunes de Keur Massar ; des emplois dans l'entretien, dans la gestion, dans la mobilisation sociale. Et un terrain de football a été inauguré à cette occasion.
Renforcer les capacités de l'Onas
Pour atteindre les objectifs de développement du PROGEP II, M. Diagana souligne que les autorités étatiques et locales, de même que leurs partenaires, doivent maintenant se concentrer sur plusieurs priorités. Il s'agit particulièrement d'étendre la couverture des infrastructures de drainage, de renforcer les capacités institutionnelles. Cela consistera à appuyer les municipalités et l'Office national de l'assainissement du Sénégal (Onas) dans la gestion et l'exploitation des infrastructures.
Ils doivent aussi consolider l'appropriation communautaire, intégrer la planification urbaine et la résilience aux chocs environnementaux. Enfin, améliorer les conditions de vie dans les quartiers vulnérables. Au-delà du drainage, le projet continuera d'investir dans l'aménagement d'espaces publics, la réhabilitation de voiries, et l'amélioration de l'accès aux services de base. Pour rappel, une délégation de la Banque mondiale conduite par son vice-président pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, est à Dakar du 5 au 13 février afin d'échanger avec les autorités étatiques.