Après cinq années d'absence, Sandra Mayotte s'apprête à retrouver la scène musicale. Elle donnera un concert, le 9 mai, à 19 heures, au Mahatma Gandhi Institute (MGI), à Moka. Elle sera entourée de plusieurs figures de la scène locale et régionale telles que Maista, Laura Beg, Kelly Figaro, Julie Sauteur, Belinda des Seychelles, Édouard Doyal de Rodrigues, Renel Trapu, Bruno Malcolm et Gérard Louis. Un plateau éclectique, qui annonce une soirée placée sous le signe du partage et des retrouvailles.
Pour Sandra Mayotte, ce concert n'est pas un simple spectacle. C'est «un retour évident. La musique a toujours fait partie de ma vie. À un moment donné dans ma carrière d'artiste, j'ai dû faire une pause. Mais ce public m'a manqué», confie-t-elle.
Si la musique n'a jamais totalement quitté son quotidien, elle reconnaît qu'elle n'y consacrait plus la même intensité. Maintenant, elle estime que le moment est arrivé pour elle de renouer. «C'est le moment de me renouveler, de renouer avec le public et avec mes camarades musiciens pour partager la scène.»
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Connue du grand public, d'abord en tant qu'animatrice radio à la Mauritius Broadcasting Corporation, Sandra Mayotte rappelle que son contact avec le public a débuté bien avant ses succès musicaux. «Je me réveillais à 5 heures pour animer la matinale», se souvient-elle. Elle est ensuite passée à la télévision comme speakerine, faisant partie de la dernière génération à occuper ce poste avant qu'il ne disparaisse du paysage audiovisuel.
C'est à travers une émission dédiée à la musique locale, dans les années 90, qu'elle s'est immergée davantage dans l'univers des artistes mauriciens. De fil en aiguille, encouragée par des producteurs, notamment Gérard Louis, elle a osé franchir le pas vers la chanson. Son premier album a révélé une nouvelle facette de celle que le public connaissait déjà.
La suite de son parcours a été marquée par des succès majeurs, des scènes internationales et la consécration aux Kora Awards en 2001 en Afrique du Sud. «C'était une victoire pour la musique mauricienne», insiste-t-elle. Des titres comme «Kayambo» ou «La lumière dans la case» ont traversé les générations et restent ancrés dans la mémoire collective.
Une opportunité de servir
Son absence de la scène pendant cinq ans s'explique par son engagement en politique lorsqu'elle a rejoint les rangs du Mouvement socialiste militant en 2019. Une décision qu'elle décrit non pas comme un calcul de carrière mais comme un appel à servir. «Ce n'est pas une décision de faire de la politique. C'était une proposition, une opportunité de servir.» Pendant cinq ans, elle découvre «un monde exigeant», fait d'attentes, de frustrations et de réalités complexes. «On ne peut changer le monde en cinq ans. Mais j'ai fait ce que j'ai pu, sans regret.»
Son retour sur scène a cependant suscité des critiques virulentes sur les réseaux sociaux. Certains estiment qu'elle revient à la musique après un échec en politique. D'autres remettent en question la compatibilité entre ses engagements passés et son identité artistique. Face à ces commentaires, Sandra Mayotte affiche une sérénité assumée.
«Les attaques, cela ne date pas d'aujourd'hui. Je n'ai ni animosité ni ressentiment. Je comprends qu'il y ait des attentes, parfois des frustrations.» Elle insiste sur le fait que l'on peut exercer plusieurs rôles dans une vie. «Nous sommes libres de faire plusieurs choses. J'ai été animatrice, artiste, mère, engagée politiquement. Cela fait partie d'un parcours.»
Selon elle, les critiques proviennent souvent de personnes qui ne la connaissent pas personnellement. «Je me consacre à l'énergie positive.» Elle dit qu'elle ne regrette pas son aventure politique et est consciente que certains artistes la critiquent sur les réseaux. «Sa pa fer mwa nanye parski mo kone ki bann artis ki pe kritik mwa. Mo peace and love avek tousala. Mo kone ki monn fer e bannla kone ki mo pann fer.»
Le concert du 9 mai au MGI à Moka symbolise bien plus qu'un simple retour artistique. Il marque une étape de renouveau, une volonté de rassembler au-delà des polémiques. «La musique apporte l'amour, la passion, le partage. C'est cela le plus important.»
Cinq ans après, Sandra Mayotte revient avec la même conviction : celle que la scène reste, malgré tout, son premier amour.