Cameroun: RDPC - Les jeunes menacent de tout casser si le parti impose ses candidats

12 Février 2026

Le RDPC fait face à une crise interne sans précédent. Selon des sources bien informées, les jeunes militants du parti-État menacent de tout saccager si le Comité central persiste dans sa logique de parrainer des candidatures pour les prochaines élections. Leur revendication est claire et non négociable : l'organisation de primaires pour désigner démocratiquement les candidats aux législatives et municipales. La température monte dangereusement.

Un système de parrainage contesté

Depuis des années, le RDPC privilégie un système de désignation par le haut. Le Comité central, instance suprême du parti, sélectionne les candidats qui porteront les couleurs du mouvement lors des scrutins. Cette méthode, présentée comme garante de la cohésion, est désormais perçue par la jeunesse militante comme un mécanisme de verrouillage qui bloque l'émergence de nouvelles têtes.

Les jeunes du parti dénoncent une confiscation du pouvoir de décision. Ils estiment que cette pratique du parrainage favorise les barons locaux, les caciques installés et les réseaux d'influence au détriment de la compétence et du renouvellement générationnel. Pour eux, seules des primaires ouvertes et transparentes peuvent garantir la légitimité des candidatures.

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Des menaces qui ne sont pas à prendre à la légère

L'expression "tout saccager" employée par ces jeunes militants n'est pas anodine. Elle traduit une exaspération profonde et une volonté de ne plus accepter le statu quo. Dans un parti où la discipline a toujours été la règle d'or, cette posture de défi constitue un tournant majeur.

Ces menaces interviennent dans un contexte politique déjà tendu. Les prochaines élections législatives et municipales représentent un enjeu crucial pour le RDPC qui cherche à maintenir sa domination sur l'échiquier politique camerounais. Une fracture interne à ce moment précis pourrait affaiblir considérablement le parti et ouvrir des brèches exploitables par l'opposition.

Les enjeux d'un bras de fer à haut risque

Le Comité central se trouve face à un dilemme. Céder aux exigences des jeunes reviendrait à remettre en cause des décennies de fonctionnement interne et pourrait créer un précédent dangereux pour les équilibres établis. Refuser, c'est prendre le risque d'une rébellion ouverte, voire d'un sabotage des campagnes électorales par ceux-là mêmes qui sont censés les porter sur le terrain.

Cette crise révèle également une génération montante qui refuse les logiques héritées et exige sa part du gâteau politique. Ces jeunes militants, souvent mieux formés et connectés aux réalités sociales, ne se satisfont plus des postes subalternes. Ils veulent peser sur les choix stratégiques du parti et accéder aux mandats électifs.

Un test grandeur nature pour le parti au pouvoir

La gestion de cette contestation interne dira beaucoup sur la capacité du RDPC à se réformer de l'intérieur. Un parti qui refuse toute évolution démocratique en son sein peut-il prétendre incarner la modernité politique du pays ? La question se pose avec acuité alors que les observateurs scrutent chaque mouvement au sein de la formation présidentielle.

Le compte à rebours est lancé. Entre les exigences de la base militante et les réflexes de l'appareil, le RDPC doit trancher. Et vite. Car dans cette partie de poker menteur, les jeunes semblent déterminés à aller jusqu'au bout de leur logique de rupture.

Face à cette insurrection interne qui menace l'unité du RDPC, le Comité central saura-t-il évoluer ou choisira-t-il l'affrontement avec sa propre jeunesse ?

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