Cameroun: Christian Ntimbane Bomo dénonce la paralysie de l'Etat Biya

12 Février 2026

Christian Ntimbane Bomo ne mâche pas ses mots. Le Président Exécutif du Parti HÉRITAGE vient de publier une déclaration fracassante qui résume en quatre points ce qu'il considère comme l'agonie d'un système. Son constat est brutal : le Cameroun est bloqué. Et selon lui, Paul Biya refuse de voir la réalité en face, entouré de collaborateurs dont le seul objectif serait de préserver leurs privilèges.

Des finances publiques en détresse

Premier grief : les caisses publiques seraient vides. Selon Ntimbane Bomo, le pays serait contraint de contracter des dettes auprès d'usuriers à des conditions extrêmement prohibitives. Cette assertion, aussi grave soit-elle, pointe du doigt une dépendance financière croissante et une capacité budgétaire affaiblie. Le Cameroun emprunte, mais à quel prix ? Les taux d'intérêt élevés hypothèquent l'avenir des générations futures et réduisent les marges de manœuvre de l'État.

Une gouvernance par bricolage

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Deuxième critique : l'absence totale de lisibilité dans l'action gouvernementale. Ntimbane Bomo évoque un mode de gestion par colmatage permanent, où chaque décision semble prise dans l'urgence sans vision stratégique globale. Cette improvisation constante empêcherait toute planification cohérente et minerait la confiance des partenaires économiques comme des citoyens.

La guerre des clans au sommet

Troisième point d'accusation : la multiplication des pôles de décision qui se neutralisent mutuellement. Le leader du Parti HÉRITAGE décrit un Président de la République tiraillé et indécis, incapable de trancher entre différents cercles d'influence qui revendiquent chacun son autorité. Cette paralysie décisionnelle transformerait l'appareil d'État en champ de bataille où les intérêts particuliers priment sur l'intérêt général.

Une justice à la dérive

Quatrième et dernier volet : l'affaiblissement de la justice. Ntimbane Bomo pointe l'incapacité du chef de l'État à organiser le Conseil supérieur de la magistrature, dont le mandat des membres aurait expiré depuis plusieurs mois. Plus grave encore, il évoque la constitution de clans d'intérêts au sein même de la magistrature, influencés par différents cercles de pouvoir. Cette situation compromettrait gravement l'indépendance judiciaire et la bonne administration de la justice.

Un appel à la lucidité

La sortie de Christian Ntimbane Bomo s'inscrit dans un contexte politique camerounais tendu, où les voix critiques se font de plus en plus entendre. Son analyse systémique touche aux fondements mêmes de l'État : finances, gouvernance, arbitrage politique et justice. Reste à savoir si ce cri d'alarme trouvera écho au sommet du pouvoir ou s'il rejoindra la longue liste des avertissements ignorés.

Face à ces accusations de blocage institutionnel généralisé, le régime de Paul Biya saura-t-il encore se réformer ou continuera-t-il à naviguer à vue jusqu'à l'effondrement ?

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