Congo-Brazzaville: ARTs plastiques - Le Salon de peinture du pays baisse ses rideaux

Ouverte le 22 décembre dernier à la galerie du musée Cercle africain de Pointe-Noire, la 7e édition du Salon de peinture du Congo a été clôturée le 10 février en présence de Lys Pascal Moussodji, directeur de cabinet de la ministre de l'Industrie culturelle, touristique, artistique et des Loisirs; et d'Andrea Barberi, directeur général d'Eni Congo.

Initialement prévue pour le 23 janvier, la clôture du Salon de peinture du Congo qu'organise régulièrement le musée Cercle africain a connu cette année une rallonge afin de donner plus de visibilité aux artistes et à leurs oeuvres. « Peinture et histoire », deux mots conciliés à dessein afin de dégager le rapport intime entre image et récit, entre couleur et mémoire, a été le thème de ce grand rendez -vous de la peinture congolaise et africaine.

« L'histoire a une place centrale dans l'art pictural, en ce qu'elle permet d'explorer et de comprendre les mentalités, les pensées et les représentations d'une époque. Les oeuvres de peinture servent de sources historiques qui témoignent des événements et des sentiments d'une époque donnée. C'est en cela que l'art pictural devient le miroir des transformations sociales, culturelles et technologiques qui offrent à la société une fenêtre sur le passé et aide à établir un lien entre l'art et l'histoire », a dit Alphonse Nkala, directeur général des Arts et des Lettres et président du Comité culturel du Musée cercle africain en faisant le bilan de la 7e édition.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

« Une édition qui a reçu vingt-sept artistes peintres sur trente attendus, venus de l'Angola, de la République d'Afrique du Sud, de la République démocratique du Congo (RDC), du Rwanda, du Sénégal et de la République du Congo, pays hôte représenté par les artistes peintres de Brazzaville et de Pointe-Noire. A ces artistes se sont joints quelques figures de l'administration culturelle du Sénégal, à savoir le directeur de l'Ecole nationale des arts et des métiers de la culture, et l'administrateur du Monument de la renaissance africaine de Dakar. Cent cinquante tableaux de peinture, toutes dimensions confondues, ont été exposés, des tableaux dont les prix de vente sont allés de 5 000 FCFA à 1 925 000 FCFA. Les techniques ont été variées et les styles divers », a-t-il ajouté.

Même si de nombreux tableaux n'ont pu être vendus, cela n'a ébranlé en rien les organisateurs du salon mais aussi les artistes -peintres qui se sentent cependant revigorés et honorés d'avoir accueilli pour la première fois, lors de cette septième édition, des artistes venus d'Afrique du Sud, d'Angola et du Sénégal confirmant ainsi plus que jamais son ouverture à plus de pays du continent et du monde.

Pour le président du Comité culturel du musée Cercle africain, suite à la doléance relative au manque de formation émise par les artistes participants au lendemain de la séance d'échange qui a eu lieu au sortir de la cérémonie de vernissage avec le directeur du musée Cercle africain, M. Maglio, l'idée d'organiser un master class sur la profession d'artiste peintre à Brazzaville et à Pointe-Noire a été émise. Ainsi, ont été reunis dans ces deux villes près de soixante-cinq artistes peintres, étudiants à l'Université Marien- Ngouabi, professionnels de l'administration culturelle... Cette formation a eu pour thème « La profession d'artiste peintre : des compétences pratiques à la gestion de la carrière ».

Son objectif principal a été de « fournir aux participants les outils et les connaissances necessaires pour développer une carrière réussie en tant qu'artiste peintre, en abordant les aspects pratiques de la création artistique ainsi que la gestion et la promotion de leur travail ».

Il est vrai qu'exercer le métier d'artiste peintre, a dit Alphonse Nkala, en ouvrant la master class, c'est ouvrir une porte vers un monde où les couleurs sont le langage, chaque geste sur la toile raconte une histoire, et où l'âme de l'artiste se révèle dans chaque nuance, mais pour atteindre un tel objectif, l'artiste peintre doit apprendre à ciseler son métier et à bien l'organiser pour se faire une notoriété et mieux se prendre en charge.

Car, être peintre, ce n'est pas seulement manier des pinceaux et des pigments, apprendre à voir autrement, à ressentir profondément, et à traduire l'invisible en visible, c'est aussi savoir qu'il s'agit d'un métier à valoriser, c'est-à-dire une activité professionnelle exercée en vue d'une rémunération. Il sied donc de relever que comme tout métier, celui d'artiste peintre a aussi des défis à relever et des opportunités à saisir. C'est ainsi qu'il parviendra à vivre de son art.

La master class a été articulée sur huit ateliers, à savoir la gestion d'un artiste (peintre) ; l'élaboration d'un dossier d'artiste ; la préparation d'une toile selon les normes ; la promotion de l'artiste ; la création d'un projet : pourquoi et comment; comment faire ses recherches ; la prise de contact ; les droits d'auteur : comment gérer et protéger ses oeuvres. Des formations dispensées par Doudou Mbemba, artiste peintre de renommée internationale ( RDC), Rémy Mongo Etsion, artiste peintre sculpteur; Jean Bruno Obambi, directeur du Bureau congolais du droit d'auteur; Dominique Ollessongo, directeur interdépartemental, Pointe-Noire et Kouilou, du bureau congolais du droit d'auteur; Maxime Foutou, expert en droit d'auteur et propriété intellectuelle (République du Congo)...Des ateliers interactifs privilégiant l'esprit participatif, l'étude des cas, la présentation théorique, les séances de questions-réponses et les discussions en groupe ont ainsi permis à beaucoup d'artistes peintres de garnir leur bagage intellectuel et culturel.

En remerciant les partenaires, mécènes et bénévoles, notamment la société ENI Congo sans qui cette rencontre n'aurait pas été possible, Lys Pascal Moussodji, directeur de cabinet de la ministre de l'Industrie culturelle, touristique, artistique et des Loisirs a dit: « Ce soir, nous refermons les portes de la 7e édition du Salon de peinture du Congo avec le coeur rempli d'émotion et les yeux encore éblouis par la richesse des oeuvres que nous avons découvertes.

Le thème si éloquent, « Peinture et histoire », nous a révélé de façon profonde le lien qu'il y a entre ces deux notions intimement liées lorsque nous parlons de l'art en Afrique. Pendant ces jours d'exposition, nous avons voyagé à travers les couleurs, les formes et les histoires que chaque toile a su nous raconter. Nous avons vu le Congo et l'Afrique tout entière s'exprimer dans toute leur diversité : leurs paysages, leurs traditions, leurs luttes, mais aussi leurs rêves et leurs espoirs.

Je tiens à saluer nos artistes, véritables bâtisseurs de mémoire et d'imaginaire, qui ont su, par leur talent, nous rappeler que l'art est un langage universel, capable de rassembler au-delà des frontières et des différences ». ll a conclu:« Alors que nous clôturons cette édition, souvenons-nous que l'art ne s'arrête pas ici. Il continue de vivre dans nos regards, dans nos conversations, et dans l'inspiration que nous emportons avec nous ».

La 8e édition du Salon de peinture du Congo se tiendra du 1er décembre 2026 au 23 janvier 2027, sur le thème « La peinture africaine, une célébration de la diversité et de l'échange culturel ».

.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.