Pendant que la Côte d'Ivoire consolide sa trajectoire de croissance économique, un enjeu majeur demeure. Celui d'assurer une répartition véritablement inclusive des fruits de cette croissance. Les femmes, qui constituent une part essentielle du tissu économique national, continuent de se heurter à des obstacles structurels, en particulier en matière d'accès au financement.
C'est pour répondre à cette problématique qu'une étude consacrée aux mécanismes alternatifs de financement des femmes entrepreneures a été lancée ce jeudi 12 février 2026, au Palm Club de Cocody, au cours d'un atelier. Cette initiative est conduite par la Giz, en étroite collaboration avec le Guichet Unique de Développement des Pme (Gude-Pme), acteur central de l'écosystème entrepreneurial ivoirien.
L'objectif affiché consiste à formuler des recommandations opérationnelles et à élaborer une stratégie de déploiement durable visant à améliorer de manière significative l'accès des femmes aux ressources financières.
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« L'autonomisation économique des femmes n'est pas un élément secondaire de la croissance et du développement. Elle en constitue l'une des conditions essentielles. Au-delà des résultats attendus de l'étude que nous ouvrons aujourd'hui, notre ambition est de produire un savoir utile, d'alimenter la réflexion stratégique et de jeter les bases de mécanismes durables aptes à soutenir les femmes entrepreneures sur le long terme », a déclaré Koffi Bédia, chef de service financier du Gude-Pme, en procédant à l'ouverture de l'atelier.
Il a poursuivi en soulignant que cette étude porte en filigrane des enjeux concrets. Notamment l'accompagnement de la croissance d'entreprises, la favorisation de la création d'emplois et la sécurisation des parcours entrepreneuriaux de nombreuses femmes. « Cette étude nous permettra de mieux comprendre, mieux orienter et mieux agir. L'engagement du Gude aux côtés des Pme ivoiriennes contribue fortement à structurer un environnement plus favorable à leur développement. La collaboration entre le Gude-Pme et la Giz Côte d'Ivoire illustre la solidité du partenariat que nous bâtissons au service de l'économie nationale », a-t-il ajouté.
De son côté, Hélène Radéké, cheffe de projet ProFemme à la Giz, a rappelé que la coopération allemande, à travers ses programmes oeuvre à la construction d'un écosystème entrepreneurial robuste, générateur d'opportunités pour les femmes comme pour les hommes. Elle a également relevé, dans son intervention, que les femmes demeurent les premières touchées par les inégalités d'accès aux opportunités professionnelles.
Une participation économique féminine encore insuffisante
Malgré les progrès économiques enregistrés, les femmes restent les principales victimes des inégalités professionnelles. Selon les données nationales, seules 15 % des femmes actives occupent un emploi salarié ; la majorité opère dans le secteur informel, souvent sans protection sociale.
Ces entrepreneures interviennent majoritairement dans des secteurs à faible productivité commerce, vente en gros, prestations de proximité -- caractérisés par une forte concurrence et des marges réduites. Pourtant, près de 30 % des entreprises ivoiriennes sont dirigées par des femmes, et plus de 60 % d'entre elles évoluent dans l'informel. Leur contribution à l'économie nationale est donc déterminante.
Le financement, un obstacle central à l'essor des entreprises féminines
Pour beaucoup d'entrepreneures, l'accès au crédit bancaire demeure extrêmement difficile : exigences de garanties jugées insuffisantes, conditions de prêt rigides, procédures complexes... Ces contraintes freinent l'investissement, l'innovation et la croissance des entreprises dirigées par des femmes.
C'est dans ce contexte que le projet ProFemme, conduit par la Giz en partenariat avec le ministère du Commerce et de l'Industrie, initie cette étude visant à identifier des mécanismes de financement alternatifs, plus flexibles et davantage adaptés aux réalités vécues par les femmes entrepreneures.
ProFemme, un projet structurant jusqu'en 2028
Financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (Bmz), le projet Promotion de l'autonomisation économique des Femmes en Côte d'Ivoire (ProFemme) s'étend de janvier 2025 à juin 2028. Sa finalité : améliorer durablement la situation économique des femmes en milieux urbains et périurbains.
Pour ce faire, ProFemme concentre ses actions autour de trois cibles principales que sont les institutions publiques, afin de renforcer les capacités et la coordination autour des questions de genre ; les structures intermédiaires, telles que les incubateurs, centres de formation et dispositifs d'appui aux Pme ; et les entreprises, pour favoriser un environnement de travail plus inclusif et propice à l'épanouissement professionnel des femmes.