Mali: L'imam Mahmoud Dicko appelle à «dialoguer pour mettre fin au bain de sang» dans son pays

Depuis la Mauritanie, où il participe à une Conférence africaine pour la paix, l'imam Mahmoud Dicko, figure religieuse et politique du Mali, a appelé à « dialoguer avant qu'il ne soit trop tard » dans son pays. « Les militaires sont armés, les groupes jihadistes sont aussi armés, et, au milieu, il y a la population civile qui subit toutes les conséquences de cette crise », souligne-t-il, au micro de la rédaction de RFI Fulfulde et Mandenkan.

En marge de la 6e édition de la Conférence africaine pour la paix qui s'est ouverte le 10 février 2026 à Nouakchott, l'imam Mahmoud Dicko a accordé une interview exclusive à la rédaction de RFI Fulfulde et Mandenkan.

Il y réitère son appel au dialogue entre tous les Maliens : hommes politiques, société civile, groupes armés. Celui qui a lancé en décembre la Coalition des forces pour la République (CFR) pour s'opposer aux militaires qui accaparent le pouvoir depuis le coup d'État de 2020, se dit inquiet de la situation actuelle dans son pays, les jihadistes du Jnim ayant renforcé leur pression sur l'armée malienne et menant régulièrement des opérations, y compris très près de la capitale.

« Au milieu, il y a la population civile qui subit toutes les conséquences de cette crise »

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Pour l'imam Mahmoud Dicko, il est plus que temps de stopper ce bain de sang et d'aller au dialogue. « J'avais dit cela dans le passé, je le répète encore aujourd'hui et je le ferai demain s'il le faut : il faut dialoguer pour mettre fin à ce bain de sang qui a trop duré. Tous les conflits du monde se sont terminés autour d'une table. Donc, il faut dialoguer avant qu'il ne soit trop tard », lance-t-il au micro d'Abdoulaye Dicko.

L'ancien président du Haut Conseil islamique du Mali, poursuit : « Bien sûr, c'est inquiétant de voir Bamako, la capitale, quasiment encerclée par les jihadistes. C'est vraiment très inquiétant, parce que la suite peut être catastrophique pour la population et le pays tout entier. Les militaires sont armés, les groupes jihadistes sont aussi armés. Et au milieu, il y a la population civile et c'est elle qui subit toutes les conséquences de cette crise. C'est pourquoi je demande un sursaut de cette population pour dire stop à ces deux parties qui s'affrontent et tracer une nouvelle voie. »

Depuis le mois de septembre, les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim), liés à al-Qaïda, ont imposé un blocus sur plusieurs villes maliennes et attaqué régulièrement ces convois de carburant, tentant d'asphyxier l'économie du pays et de sa capitale.

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