Transféré cet hiver à Nantes, Ibrahima Sissoko incarne à la fois l'espoir d'une relance individuelle et le pari d'un club en quête de maintien. Ex-espoir confirmé à Strasbourg avant un détour par Bochum en Allemagne, le solide milieu malien débarque chez les Canaris avec la lourde tâche d'apporter stabilité et caractère à une équipe relégable.
Six jours seulement après l'officialisation de son transfert, Ibrahima Sissoko avait déjà goûté à la difficulté nantaise. Apparu en défense centrale lors de sa première sous le maillot jaune face au Paris FC (1-2), le Malien (1,93 m) n'a pas échappé aux maux d'un collectif fébrile. Directement impliqué sur l'ouverture du score adverse, peu inspiré dans le jeu, il n'a pas tardé à mesurer l'ampleur du défi : aider Nantes à sauver sa peau, tout en relançant sa propre trajectoire.
Arrivé pour 2 millions d'euros en provenance de Bochum, où il a eu du mal à s'imposer, Sissoko n'a pas choisi la facilité en liant son destin à Nantes. Mais le natif de Meaux, formé à Brest, est préparé à relever le défi: « Je savais que ça allait être dur. Je connaissais la situation du club. Je suis venu pour me battre, c'est à nous de nous battre pour améliorer cette situation », confie-t-il lors d'une rencontre organisée par la Ligue de football professionnel
« Mettre de l'impact... »
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À 28 ans, Sissoko n'est plus ce pur espoir révélé au RC Strasbourg, où il a enchaîné les saisons pleines (plus de 180 matchs) et une régularité de joueur confirmé. Son départ pour la Bundesliga à l'été 2024, après la relégation de Bochum, devait marquer une nouvelle étape. Pourtant, la parenthèse allemande a tourné court, et c'est par la petite porte qu'il retrouve la Ligue 1, attiré par le discours direct d'Ahmed Kantari, coach nantais qui a su trouver les mots. « J'ai eu le coach au téléphone, il m'a parlé de son projet, de ce qu'il attendait de moi, ça a compté. Il veut me faire progresser. C'est toujours flatteur quand un entraîneur vous appelle et vous dit que vous avez une place dans son projet », explique-t-il.
Dans un FC Nantes (17e de L1) en proie au doute, Sissoko doit incarner ce profil de "soldat" recherché pour stabiliser l'entrejeu et apporter de l'impact physique et permettre aux canaris d'affirmer plus leur caractère. « Le coach attend que j'apporte l'expérience que j'ai pu avoir durant ces années de Ligue 1 ou en Allemagne, que j'apporte au milieu une certaine stabilité, que je reste vraiment devant la défense. Mettre de l'impact aussi, montrer qu'on est là physiquement. »
Pas simple d'endosser ce rôle de taulier en urgence, surtout quand la confiance collective vacille et que la sienne est encore à rebâtir après quelques saisons mitigées.
Dix minutes à la CAN
Entre Brest, Strasbourg et Bochum, Sissoko a connu la lumière et les périodes creuses, les titularisations en Ligue 1 et les blessures, les attentes déçues et les choix pas toujours payants. « J'aurais pu mieux faire, oui. Mais je n'ai aucun regret. Je suis là, je suis encore en Ligue 1, c'était important pour moi. Je vais continuer à travailler pour encore être à un meilleur niveau. »
Son parcours en sélection illustre aussi ce paradoxe : appelé en octobre 2023 par Éric Chelle, Sissoko a disputé la CAN 2024 avec le Mali. Puis après une absence de près de deux ans, Tom Sainfiet l'a rappelé pour la CAN marocaine. Une campagne sous le signe la frustration avec seulement 10 minutes disputées dans une équipe qui s'est arrêtée en quarts de finale.
Mais pour l'heure, c'est à Nantes que tout se joue : retrouver du rythme (il est resté sur le banc lors de la dernière journée), gagner sa place, aider le club à se maintenir, et, pourquoi pas, relancer aussi sa carrière internationale.
Le chemin sera long, mais le Malien a une certitude : « Je voulais retrouver le haut niveau, Nantes voulait un joueur d'expérience pour maintenir le club. On s'est bien trouvés. À moi de montrer sur le terrain que le coach n'a pas fait d'erreur. »