« Dialoguer pour mettre fin au bain de sang », c'est l'appel lancé par Mahmoud Dicko. L'influent imam malien, opposé à la junte militaire, a fait cette déclaration lors de son déplacement en Mauritanie, à Nouakchott, à l'occasion d'une conférence africaine pour la paix. S'il reste puissant et respecté, Mahmoud Dicko cherche néanmoins à faire entendre sa voix alors qu'à Bamako, les militaires au pouvoir ont choisi de l'ignorer.
S'il a créé la Coalition des Forces pour la République, Mahmoud Dicko, notamment pour garantir la sécurité de ses partisans, ne peut tisser de réseau, sauf clandestin, au Mali. Mais ses soutiens, notamment le porte-parole de sa coalition, Etienne Fakaba Sissoko, estiment qu'il représente la seule solution à l'échelle sous-régionale pour ramener la paix : « Mobiliser un réseau extérieur ne signifie pas contourner l'État malien et ne signifie pas qu'il n'a pas de réseau sur place. Cela signifie que la paix malienne aura forcément besoin d'une dimension régionale. Donc l'imam Dicko de mon point de vue, devient une ressource stratégique. »
Pour l'analyste politique malien Oumar Berté, la junte militaire, qui a poussé l'imam Dicko à l'exil en Algérie en 2023 pour réduire son influence, joue désormais la carte de l'ignorance. « Et donc les autorités tentent aussi de ne pas donner l'impression que l'imam Dicko a encore une influence. Il faut donner l'impression que l'imam Dicko n'a plus aucune crédibilité, qu'il soit sans parole et inaudible. Et donc, pour cela, qu'est-ce qu'il fait faire : garder le silence. »
Stratégie du silence appliquée à nouveau par la junte alors qu'à Nouakchott, l'entourage de Mahmoud Dicko a multiplié les messages et les vidéos pour mettre en scène son déplacement.
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