Cameroun: Le nouveau report des élections législatives et municipales pose de nombreuses questions

Affiche des élection au Cameroun

Au Cameroun, il y a de nombreuses questions sur les raisons du nouveau report des élections législatives et municipales. Le mandat des députés et des conseillers municipaux actuellement en poste devait s'achever initialement l'an dernier, en mars 2025. Prorogé d'un an, jusqu'en mars 2026, il va encore être allongé. Le président Paul Biya l'a fait comprendre mardi 10 février, évoquant dans son discours annuel à la jeunesse « un léger réajustement » du calendrier électoral « au vu de certaines contraintes impérieuses » sans donner aucune précision.

De quelle nature sont ces « contraintes impérieuses » invoquées par Paul Biya ? Financières, sécuritaires, institutionnelles ou politiques ? Le flou laisse le champ libre aux interprétations. Il en est de même pour la notion de « léger réajustement » calendaire, qui maintient les partis concurrents sans échéance pour se préparer à aller aux urnes.

« Patience », répond une source proche du gouvernement camerounais. Les précisions viendront à la session parlementaire de mars, lors du dépôt de la loi prorogeant le mandat des élus. Cette source assure que le Conseil constitutionnel sera consulté. Une prorogation qui reste encore légale, selon les textes. Il restera encore une marge de trois mois. La prorogation du mandat des élus municipaux ne peut pas dépasser les 18 mois.

« Mauvaise santé de la démocratie » du Cameroun

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Mais pour l'opposante Patricia Tomaïno Ndam Njoya, maire UDC de Foumban, déclarée sixième à la présidence d'octobre 2025 qui demande comme d'autres acteurs de la classe politique et de la société civile, une réforme du code électoral, cette nouvelle « manipulation » du calendrier électoral est un indicateur de « la mauvaise santé de la démocratie » du Cameroun et de sa gouvernance. « Notre pays recule en matière de respect de la chose publique ».

Pour l'analyste Hilaire Kamga, ce report est aussi révélateur d'un embarras profond au sein du parti présidentiel. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) est secoué en interne par une défiance d'une partie de la base militante à l'égard du comité central, et donc pas encore prêt à présenter un front uni pour s'assurer de garder la majorité des sièges aux conseils municipaux et à l'Assemblée.

Quand au remaniement gouvernemental, toujours pas d'horizon précis. Le 31 décembre dernier, le président Paul Biya annonçait un nouveau gouvernement « dans les prochains jours ». Six semaines déjà ont passé.

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