Le procès de 148 personnes détenues depuis plusieurs semaines, poursuivies pour « propagation de fausses nouvelles, attroupement, rébellion en groupe et défaut de carte d'identité », a été une nouvelle fois renvoyé, ce jeudi12 février 2026, au Tribunal militaire de Yaoundé. Elles avaient été arrêtées dans la foulée de l'élection présidentielle au Cameroun du 12 octobre 2025.
Au Cameroun, ils étaient 148 détenus, impliqués dans la crise post-électorale, à comparaître jeudi 12 février devant le tribunal militaire de Yaoundé. Ils sont poursuivis pour « propagation de fausses nouvelles, attroupement, rébellion en groupe et défaut de carte d'identité ».
L'affaire avait été renvoyée le mois dernier pour fautes d'interprètes. Et pourtant, malgré la présence de ces derniers, dès l'ouverture de l'audience, le commissaire du gouvernement a requis un renvoi pour « composition régulière du tribunal » cette fois-ci.
Cette nouvelle demande de renvois a exaspéré par la défense des prévenus de la crise postélectorale.
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Maître Augustin Nguefack n'a pas caché sa déception. Il dénonce une procédure qu'il estime entachée d'irrégularités. « Quand vous prenez les procès-verbaux, ils [les prévenus, NDLR] ont été entendus sans interprètes, assure-t-il. On a l'impression qu'il y a des gens qui se foutent de la réalité. Nous ne pouvons pas signer des textes de lois et refuser de les appliquer ».
Renvoi au 12 mars
L'affaire a finalement été renvoyée au 12 mars. En attendant, les avocats maintiennent leur position : le Tribunal militaire doit se déclarer incompétent, selon maître Paul Alain Ndam : « Les infractions qui sont poursuivies ici ne sont pas celles qui sont visées dans l'article 8 qui donne compétence au Tribunal militaire. »
À leur sortie du tribunal, après environ cinq heures d'audience, les prévenus ont rejoint le fourgon pénitentiaire qui les ramenait à la prison centrale de Yaoundé, sous les regards émus de leurs proches. Parmi eux, une mère éplorée qui suppliait les autorités de libérer son fils unique. « On est fatigué de revenir, crie-t-elle. J'ai un mari qui est malade depuis huit ans ! Je suis à la fois la femme et le père mais c'est mon enfant qui me donnait à manger ! »
Des centaines de détenus ont été arrêtés dans le cadre de cette crise postélectorale, dans plusieurs villes du pays. Pour l'instant, seule la ville de Yaoundé a entamé la présentation des suspects devant un tribunal, selon le collectif d'avocats.