Face aux menaces croissantes qui pèsent sur les mangroves ivoiriennes, scientifiques, autorités administratives et populations riveraines multiplient les initiatives en vue de préserver ces écosystèmes essentiels.
Les 10 et 11 février 2026, le Centre universitaire de recherche et d'application en télédétection (Curat) a réuni divers acteurs à l'occasion d'un atelier national dédié aux zones humides et aux mangroves.
Organisée dans le cadre de la Communauté de pratiques (CoP), cette rencontre visait à renforcer la collaboration entre institutions publiques, chercheurs, organisations de la société civile et communautés locales. Au coeur des échanges figurait la recherche de solutions concrètes pour freiner la dégradation des mangroves et promouvoir une gestion plus durable.
Avec pour thème « Capitalisation des expériences et échanges de bonnes pratiques pour la gestion durable des zones humides et des mangroves en Côte d'Ivoire », l'initiative s'inscrit dans le cadre du projet Gdzhiao.
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Ce programme régional met l'accent sur la résilience des écosystèmes et la sécurité alimentaire en Afrique de l'Ouest. Selon le Pr Fernand Kouamé, coordonnateur national du projet, la CoP constitue un levier stratégique. « L'objectif est de consolider un espace d'échanges capable de valoriser les acquis du projet et d'améliorer la gestion des zones humides », a-t-il souligné.
L'utilisation des technologies spatiales occupe une place centrale dans cette dynamique. Grâce aux outils de télédétection développés dans le cadre du programme Gmes and Africa, plusieurs produits cartographiques ont été élaborés. « Ces données permettent de suivre l'évolution des mangroves et d'orienter les décisions », a expliqué le Pr Kouamé.
Les autorités locales ont, pour leur part, insisté sur l'importance écologique des palétuviers. Le sous-préfet d'Assinie-Mafia, Jean Ferdinand Doffou, a rappelé leur rôle dans la régulation climatique et la préservation de la biodiversité. Il a également dénoncé les pratiques destructrices liées à l'exploitation du bois de chauffe et au fumage du poisson.
Du côté des communautés, le chef du village d'Assinie-Sagbadou, Nanan Yvon Bahinchi, a mis en avant le déficit d'information. « Beaucoup ignorent encore l'importance de la mangrove pour la reproduction des poissons », a-t-il regretté, évoquant également les pressions liées au développement touristique.
À l'issue des travaux, les participants ont plaidé pour un renforcement de la sensibilisation, la promotion d'alternatives énergétiques et la mise en oeuvre d'actions de reboisement. Une mobilisation collective jugée indispensable pour sauvegarder ces remparts naturels du littoral ivoirien.