L'indice de perception de la corruption (IPC) 2025 de Transparency international confirme une tendance persistante : l'Afrique subsaharienne demeure la région la plus mal classée au monde en matière de corruption. Un constat préoccupant, aux lourdes conséquences politiques, économiques et sociales.
Fondé sur les évaluations d'experts et d'hommes d'affaires, l'IPC mesure le degré de corruption perçu dans le secteur public, sur une échelle allant de 0 (Très corrompu) à 100 (Très intègre). En 2025, la moyenne de l'Afrique subsaharienne reste la plus basse au niveau mondial, traduisant l'enracinement de pratiques de corruption dans de nombreux États de la région. Si quelques pays tirent leur épingle du jeu, notamment en Afrique australe, la majorité des États subsahariens stagne ou régresse, en particulier ceux confrontés à l'instabilité politique, aux conflits armés ou à une gouvernance institutionnelle fragile.
Corruption, gouvernance et insécurité
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Selon Transparency international, la corruption en Afrique subsaharienne ne se limite pas aux détournements financiers ou aux pots-de-vin administratifs. Elle s'étend aux secteurs clés de la sécurité, de la justice et de la gestion des ressources naturelles. Dans plusieurs pays, l'opacité des dépenses militaires et la faiblesse des mécanismes de contrôle favorisent les abus, sapant la confiance des citoyens envers l'État. Les contextes de crise sécuritaire - du Sahel à la Région des Grands Lacs - aggravent ces dynamiques. L'urgence sécuritaire sert souvent de prétexte à l'affaiblissement des contre-pouvoirs, tandis que la corruption alimente en retour les violences et l'instabilité.
Un frein majeur au développement
La persistance de niveaux élevés de corruption a un impact direct sur le développement économique et social. Elle décourage les investissements, réduit l'efficacité des politiques publiques et accentue les inégalités. Les secteurs de la santé, de l'éducation et des infrastructures figurent parmi les plus touchés, avec des conséquences tangibles sur les conditions de vie de la population. Pour Transparency international, la corruption constitue également un obstacle majeur à la lutte contre le changement climatique, en détournant les financements destinés à l'adaptation et à la transition énergétique.
Des réformes insuffisantes
Malgré l'adoption de cadres juridiques anticorruption dans de nombreux pays, l'organisation non gouvernementale souligne le décalage persistant entre les textes et leur application. Les institutions de contrôle manquent souvent d'indépendance, de moyens ou de volonté politique pour poursuivre efficacement les auteurs de corruption, en particulier lorsqu'ils appartiennent aux cercles du pouvoir.
Une urgence politique
Pour sortir de l'impasse, Transparency international appelle les gouvernements africains à renforcer l'État de droit, protéger la liberté de la presse, garantir l'indépendance de la justice et impliquer davantage la société civile. Sans avancées significatives dans ces domaines, l'Afrique subsaharienne risque de rester enfermée dans un cercle vicieux où corruption, instabilité et sous-développement se renforcent mutuellement.
À l'approche de 2030, la lutte contre la corruption apparaît plus que jamais comme une condition indispensable à la stabilité et au développement durable du continent.