À Keur Massar comme à Ndiougou Diacksao, le 11 février 2024, le vice-président du Groupe de la Banque mondiale, Ousmane Diagana, a exposé une même orientation fondée sur des résultats concrets et mesurables. Entre lutte contre les inondations et extension de l'accès à l'électricité, ses deux interventions traduisent une ambition portée avec l'État du Sénégal. Il s'agit de protéger les populations, de corriger les inégalités d'accès aux services essentiels et de créer des opportunités durables pour les jeunes.
À Keur Massar, le propos s'est inscrit dans la continuité des efforts engagés pour mettre fin aux inondations récurrentes qui fragilisaient depuis des années les zones périurbaines de Dakar. En saluant les autorités locales et les habitants, Ousmane Diagana a rappelé que les infrastructures réalisées dans le cadre du Projet de Gestion des Eaux Pluviales et d'Adaptation au Changement Climatique Phase II, le PROGEP II, représentent bien plus qu'un chantier technique. Elles traduisent une vision partagée entre partenaires et pouvoirs publics en faveur d'une protection durable des populations.
Le projet est doté d'environ 318 millions de dollars grâce à l'appui de l'Association internationale de développement et du Fonds nordique de développement, aux côtés du gouvernement du Sénégal. Plus de 50 kilomètres de réseaux de drainage ont été installés, 30 kilomètres de routes ont été pavées et 1 330 hectares sont désormais protégés contre les inondations, au bénéfice d'environ 220 000 personnes dans la région de Dakar. Au-delà des chiffres, l'impact se mesure dans le quotidien des familles qui ne redoutent plus la montée des eaux, des commerçants qui peuvent maintenir leurs activités toute l'année et des élèves qui ne voient plus leur scolarité perturbée.
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Le vice-président a également insisté sur l'importance de l'appropriation locale. Les Comités Locaux de Gestion des Eaux Pluviales, les COLIGEPs, sont appelés à évoluer vers des coopératives de services municipaux. Cette structuration permet d'assurer l'entretien des ouvrages tout en créant des emplois pour les jeunes de la localité. Selon lui, le développement prend tout son sens lorsqu'il génère des compétences, des revenus et de la dignité. Même l'inauguration d'un terrain de football s'inscrit dans cette logique. Une communauté protégée des inondations doit aussi disposer d'espaces de rencontre, de loisirs et d'épanouissement.
À Ndiougou Diacksao, le second discours a porté sur l'accès à l'électricité à travers le Projet d'Amélioration de l'Accès à l'Électricité au Sénégal, le PADAES. Doté de 155 millions de dollars de financement de la Banque mondiale, ce programme vise à raccorder 200 000 ménages et à améliorer les conditions de vie de 1,58 million de Sénégalais d'ici 2027. Il s'inscrit dans la Vision Sénégal 2050 et contribue à l'objectif national d'accès universel à l'électricité d'ici 2029.
Le projet met l'accent sur l'équité sociale. Un dispositif spécifique permet aux ménages vulnérables d'être raccordés au réseau sans supporter les coûts élevés du câblage interne. Le programme prévoit également l'électrification de 600 structures de santé et de 200 établissements scolaires, ainsi que l'accompagnement d'environ 700 petites et moyennes entreprises. L'objectif est d'améliorer la qualité des services publics tout en soutenant l'activité économique locale.
En élargissant la perspective, Ousmane Diagana a rappelé l'initiative Mission 300, lancée avec la Banque africaine de développement, qui ambitionne de fournir l'électricité à 300 millions d'Africains d'ici 2030. Le Sénégal, dont le taux d'électrification dépasse 84 pour cent, participe activement à cette dynamique continentale, même si des disparités subsistent dans certaines zones urbaines et périurbaines.
Dans ces deux interventions, un même fil conducteur apparaît. Le développement doit produire des changements tangibles dans la vie quotidienne. Qu'il s'agisse de maîtriser les eaux pluviales ou d'allumer l'éclairage public, l'objectif demeure identique. Il consiste à renforcer la sécurité des populations, à soutenir l'économie locale et à offrir aux jeunes générations des perspectives concrètes. La Banque mondiale affirme ainsi sa volonté de travailler aux côtés du Gouvernement du Sénégal et des communautés afin de bâtir un pays plus sûr, plus équitable et plus prospère.