Sénégal: Université Dakar - SAES-Ucad demande la réouverture immédiate du campus social

13 Février 2026

La Coordination-Ucad du Syndicat Autonome de l'Enseignement Supérieur (Saes) appelle à la réouverture immédiate du campus social, au respect des franchises universitaires et à la sortie des Forces de défense et de sécurité de l'enceinte universitaire.

La suspension des Amicales décidée jeudi, par le Conseil d'administration de l'Université Cheikh Anta Diop, crée selon la Coordination-Ucad du Saes « un vide institutionnel qui affaiblit les mécanismes de représentation étudiante ».

Or, estime le Syndicat Autonome de l'Enseignement Supérieur, un dialogue structuré suppose des interlocuteurs identifiés, légitimes et reconnus. Ainsi, la Coordination regrette cette décision et demande la levée de la suspension.

« Le comité ad hoc annoncé doit fonctionner de manière inclusive et transparente, avec la participation du SAES. Toute réforme de la représentation étudiante doit viser la consolidation institutionnelle et non la gestion ponctuelle d'une crise », soutient le Saes-Ucad dans un communiqué publié vendredi.

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D'après ces syndicalistes la sauvegarde du calendrier universitaire demeure certes un objectif central et légitime. Car, elle engage l'avenir des étudiants et la crédibilité de l'institution. Toutefois, elle ne peut reposer sur une normalisation de façade ni sur une reprise strictement administrative des enseignements.

« Le campus pédagogique et le campus social constituent une unité fonctionnelle indissociable. Sans restauration, sans hébergement, sans fonctionnement effectif des services sociaux, toute reprise des cours demeure structurellement fragile. Sans étudiants présents dans des conditions matérielles et psychologiques adéquates, il ne peut y avoir d'enseignement effectif », lit-on dans leur communiqué.

La Coordination du Campus de Dakar trouve d'ailleurs, que la décision d'assurer la continuité des activités pédagogiques et scientifiques, alors même que le campus social reste fermé et que les conditions de vie des étudiants ne sont pas rétablies, « pose un problème majeur de cohérence institutionnelle, d'équité et de sérénité académique ».

Pour ces enseignants du supérieur, il ne peut y avoir de normalisation du calendrier universitaire sans normalisation préalable de l'espace universitaire dans toutes ses dimensions.

« En l'état actuel, les conditions d'une reprise académique normale ne sont pas réunies «

« On ne peut exiger la sérénité tout en maintenant un climat de tension. Les enseignants consentent des efforts considérables pour préserver l'année universitaire ; ils ne peuvent compenser indéfiniment des défaillances structurelles. En l'état actuel, les conditions d'une reprise académique normale ne sont pas réunies », soutiennent-ils.

« En conséquence, la Coordination appelle à la réouverture immédiate du campus social, au respect des franchises universitaires et à la sortie des Forces de Défense et de Sécurité de l'enceinte universitaire », poursuit le document.

En fait, pour le Saes-Ucad, la crise actuelle met en lumière des fragilités anciennes tensions sociales persistantes, réformes insuffisamment appropriées, sureffectifs, contraintes budgétaires et déficit de médiation consolidée.

« La réponse ne peut être ni la fermeture administrative ni l'escalade sécuritaire. Elle doit reposer sur une démarche structurée fondée sur trois exigences indissociables vérité, justice et dialogue institutionnalisé. L'Université ne peut fonctionner durablement dans un climat de tension et de déséquilibre. Restaurer pleinement l'espace universitaire dans toutes ses composantes est la condition première de la mission académique », affirment les syndicalistes.

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