Afrique: Ressortissants africains dans les forces russes - Un rapport d'Inpact recense 1 417 recrues dont 14 Sénégalais

13 Février 2026

Un rapport publié par Inpact met en lumière l'ampleur du recrutement de ressortissants africains au sein des forces armées russes et des sociétés militaires privées associées. L'étude, datée de février 2026, identifie 1.417 recrues issues du continent africain et révèle une concentration marquée en Afrique du Nord et de l'Ouest, tout en soulevant des interrogations sur la fiabilité de certains enregistrements administratifs.

Inpact, une Ong suisse à l'intersection de la recherche open source, du journalisme d'investigation traditionnel, de la criminalistique et de l'investigation technique, vient de publier un rapport sur le recrutement de ressortissants africains au sein des forces armées russes et des sociétés militaires privées associées. Selon le document intitulé «Typologie du recrutement et profils choisis», les contingents les plus importants proviennent de l'Égypte, du Cameroun et du Ghana. Le rapport fait état de 361 recrues égyptiennes, 335 camerounaises et 234 ghanéennes.

Derrière ces trois pays, figurent l'Algérie et la Gambie avec 56 ressortissants chacun, le Mali avec 51, le Kenya 46, le Nigeria 36, l'Afrique du Sud 32, le Maroc 28, le Sénégal 14 et la Côte d'Ivoire 11. Inpact souligne que ces données permettent d'identifier «des tendances significatives en termes de provenance géographique», mettant en évidence une forte représentation de l'Afrique du Nord et de l'Ouest dans les effectifs recensés. Le rapport précise que «la moyenne d'âge observée chez les recrues africaines est de 31 ans».

Une proportion notable appartient à la tranche des 18-25 ans avec 150 ressortissants recensés dans cette catégorie. L'étude indique que le plus jeune identifié est un Ghanéen âgé de 18 ans, tandis que le plus âgé est un Égyptien de 57 ans. Ces éléments traduisent un recrutement majoritairement concentré sur des adultes jeunes, en âge actif.

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Au-delà des chiffres, l'Ong met en évidence deux particularités dans l'analyse des données. Certaines recrues portant des noms à consonance d'Afrique centrale sont déclarées de nationalité algérienne. D'autres apparaissent sous des noms à consonance russe. Le rapport avance une explication possible à ces divergences. Selon le document, «l'hypothèse la plus probable est celle d'un mauvais enregistrement des recrues, plaçant certaines par défaut dans le premier pays disponible commençant par la lettre A».

Le cas du Sénégal est également mentionné. Inpact relève que «sur une liste, sont présentes 14 recrues sénégalaises absentes sur la seconde liste, mais visibles dans les listes des combattants africains tués». Une observation qui soulève des questions sur la cohérence des bases de données examinées. À travers ces données, Inpact affirme offrir «un aperçu détaillé du recrutement de ressortissants africains par les forces russes».

Si le rapport met en évidence des schémas géographiques distincts et un profil démographique identifiable, il pointe également des failles potentielles dans les procédures d'enregistrement. En documentant 1417 cas, l'étude apporte un éclairage chiffré sur un phénomène peu visible tout en laissant subsister des interrogations sur les mécanismes administratifs et la traçabilité des recrues recensées.

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