Le commissaire de police Ismaila Goudiaby, chargé de la Sûreté urbaine au commissariat central, a présenté vendredi 13 février un bilan détaillé des cambriolages perpétrés depuis octobre 2025 dans les secteurs de Pikine, Dalifort et Bel-Air. Aux côtés de ses collègues Commissaire de Police Adja Astou Marone chargée du Commissariat de Bel-Aire, le Commissaire de Police Sengan Ndiaye, en chargé du commissariat d'arrondissement de Pikine, il est revenu sur l'ampleur des faits et les avancées notables enregistrées dans l'enquête.
Selon le commissaire Goudiaby, une recrudescence inquiétante de cambriolages a été constatée à partir d'octobre 2025. Les attaques, commises entre 3h et 5h du matin, étaient le fait de groupes organisés de 10 à 15 individus armés de machettes, coupe-coupe, pieds-de-biche et cisailles. Leur mode opératoire était méthodique : accès par effraction ou escalade, neutralisation des vigiles ligotés et dépouillés de leurs téléphones, puis fouille systématique des locaux ciblés à l'avance.
À Dalifort, sept cas ont été recensés. Le 31 octobre 2025, la société Des Banches a perdu pour 24 millions de francs CFA d'ordinateurs portables. Le 29 novembre, une tentative a visé Collecte le Funérail sans succès. Le 8 janvier 2026, le garage moderne Ibrahima Bay a été délesté de matériel informatique et d'équipements de diagnostic, ainsi que d'une somme d'argent. Les 12 et 21 janvier, d'autres structures - entrepôt de sachets d'eau, centre de santé Dar es Salaam et usine de pêche 6 ont subi des pertes importantes, dont un coffre-fort contenant 15 millions FCFA, 1 000 euros et plusieurs téléphones.
À Bel-Air, la série noire débute également en octobre 2025. Le groupe Bamba Tall, UNIPARCO, Cotra Mer et Africa Ship Sénégal figurent parmi les cibles. Les préjudices se chiffrent à plusieurs dizaines de millions de francs CFA, incluant espèces, bijoux d'or, appareils électroniques et armes à feu. Le 28 janvier, le Syndicat des auxiliaires des transports du Sénégal a à son tour été cambriolé, avec un important butin.
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Face à la gravité et à la répétition des faits, les services de police ont mutualisé leurs efforts. En collaboration avec la Sûreté urbaine et la Division des investigations criminelles (DIC), les enquêteurs ont procédé à des prélèvements techniques et à un minutieux travail de recoupement. « Nous intervenons après les faits. Les délinquants sont déjà partis. Il ne reste que les traces », a expliqué le commissaire Goudiaby.
Les investigations ont permis d'identifier et d'interpeller plusieurs suspects, dont Amadou Saliou Diallo, alias « Rasta », ainsi qu'Amadou Aliou Barry, Amadou Faye (chauffeur de taxi), Abdoulaye Baldé et Alpha Omar Ba. Les enquêteurs décrivent un réseau structuré : un « annonceur » repérait les sites, chaque membre cotisait pour acheter du matériel neuf à Colobane, ensuite dissimulé près des lieux ciblés. Après les forfaits, les outils étaient abandonnés pour brouiller les pistes.
Le commissaire a salué le travail « extraordinaire » des unités de Bel-Air et de Pikine. L'enquête se poursuit afin de retrouver les biens volés et d'identifier d'éventuels complices. Pour la police, le démantèlement de ce réseau marque une avancée majeure dans la sécurisation de ces zones durement éprouvées ces derniers mois.
Pour finir, le patron de la Sûreté Urbaine a demandé la forte collaboration de la population qui selon lui participerait à avoir de très bons résultat. J'invite les sénégalais et tout le monde à participer vivement avec l'action de la Police. Il police ne peut pas travailler seule », a lancé le Commissaire GOUDIABY.