Addis-Abeba — Des ministres et hauts responsables africains ont appelé à accélérer la souveraineté financière du continent dans le domaine de la santé, estimant qu'elle constitue un levier essentiel pour bâtir des systèmes sanitaires solides et durables.
Cet appel a été lancé lors d'une réunion de haut niveau consacrée au renforcement de la sécurité sanitaire en Afrique, axée sur une meilleure coordination entre les secteurs des finances et de la santé.
La rencontre était coorganisée par le Africa CDC, le Groupe de la Banque africaine de développement et l'Agence de développement de l'Union africaine.
Des ministres de la Santé et des Finances venus de tout le continent y ont examiné des stratégies visant à accroître le financement domestique de la santé et à réduire la dépendance à l'aide extérieure.
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La ministre éthiopienne de la Santé et vice-présidente du Conseil d'administration d'Africa CDC, le Dr Mekdes Daba, a souligné que l'Afrique évolue dans un contexte mondial marqué par des crises sanitaires répétées, des mutations géopolitiques et la contraction des financements internationaux.
Elle a estimé que le renforcement des capacités continentales relève désormais d'une nécessité stratégique plutôt que d'une simple ambition institutionnelle.
Le directeur général d'Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, a affirmé que le continent devait définir ses propres priorités, développer ses solutions et financer sa résilience de manière autonome.
Selon lui, la sécurité sanitaire constitue un pilier fondamental de la souveraineté, de la stabilité économique et du poids géopolitique de l'Afrique.
La directrice générale de l'Agence de développement de l'Union africaine, Nardos Bekele, a plaidé pour des réformes structurelles et une mobilisation d'investissements diversifiés afin d'assurer un financement durable du secteur.
Elle a insisté sur la nécessité de considérer la santé comme un investissement stratégique au coeur des politiques économiques.
De son côté, le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah, a évoqué la promotion d'une nouvelle architecture financière africaine reposant sur des instruments innovants et des mécanismes d'atténuation des risques pour attirer les capitaux privés.
Les participants ont conclu que le renforcement du financement national de la santé constitue un impératif pour assurer la stabilité économique et la résilience à long terme du continent.