Ile Maurice: Un pari pour faire revivre la musique locale

13 Février 2026

Depuis décembre, d'imposants billboards disséminés aux quatre coins de l'île attisent la curiosité, ne portant qu'une seule inscription : JalsaLavini. Sans détails, sans noms d'artistes, le mystère est savamment entretenu. Sur les réseaux sociaux, les spéculations vont bon train : concert international, festival culturel ou nouvelle plateforme musicale ? Il a fallu attendre l'annonce officielle sur Facebook pour lever le voile. JalsaLavini 2026 se présente comme «enn manifestasion mizikal 100% lokal», avec ce message : «Vinn sov nou kiltir lamizik ansam.»

Prévu le samedi 9 mai, à partir de 19 heures, sur le parking du stade Anjalay Coopen, à BelleVue, l'événement promet un «gran plato lamizik live» célébrant la richesse musicale mauricienne. Séga, seggae, musique orientale et musique engagée se partageront la scène dans ce qui est annoncé comme une véritable célébration du patrimoine local.

Contacté, l'organisateur préfère rester anonyme, estimant que «laglwar pou Bondie» et que c'est la musique qui doit être mise en avant. Il explique la genèse du projet : passionné par la musique et la culture locale, il souhaite créer des événements porteurs de sens, valorisant le patrimoine culturel et artistique tout en respectant son authenticité.

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«JalsaLavini est né d'un amour profond pour le séga et le seggae, des genres musicaux qui font partie intégrante de notre identité mauricienne. Cette musique représente notre histoire, notre héritage et notre fierté collective», confie-t-il. Selon lui, si la culture mauricienne est largement mise en avant dans le tourisme, le séga traditionnel tend à s'effacer.

«Paradoxalement, le véritable séga traditionnel disparaît peu à peu, un peu comme le dodo. L'objectif de JalsaLavini est de faire revivre cette culture, de la remettre au premier plan et surtout, de la transmettre à la nouvelle génération. Ce n'est pas seulement un concert, c'est un message fort.»

Près d'une vingtaine d'artistes fouleront la scène : Nitish Joganah, Laura Beg, OSB Crew, Sky To Be, Velex, The Prophecy, Diyaune, Yansley, Clarel Armelle, Valo, Nancy & Zotsa, Denis Fricot, Donovan, Ti Alexandre, Roland Fatime, La Nikita, Ras Natty Baby, Saya, Jason Lejuse et Vergino. Une invitée spéciale, Linzy Bacbotte, viendra également marquer cette première édition.

Le choix des artistes, précise l'organisateur, n'a pas été simple. «Maurice regorge de talents. Nous n'avons malheureusement pas pu inviter tout le monde, notamment en raison des contraintes de calendrier et du fait que l'événement se déroule sur une seule soirée. Notre priorité était claire : mettre en avant des artistes qui représentent authentiquement la culture séga et seggae.»

Concernant l'absence remarquée de groupes emblématiques comme Cassiya ou encore le chanteur Alain Ramanisum, il affirme qu'ils ont bien été sollicités, mais qu'ils ne seront disponibles à cette date. «Cela n'enlève rien au respect immense que nous avons pour leur contribution à la musique mauricienne. JalsaLavini se veut une plateforme ouverte, avec l'ambition de devenir, à l'avenir, un véritable festival sur plusieurs jours. L'objectif est de créer un espace où davantage d'artistes pourront s'exprimer, où les familles pourront profiter d'activités variées, et surtout, de préserver une musique riche de sens et de paroles fortes, face à une modernité parfois trop dominée par des productions sans âme.»

Si l'essence est locale, l'ambition est aussi de proposer une production de niveau international. «Le caractère international ne repose pas uniquement sur les artistes, mais sur l'expérience globale proposée au public», explique l'organisateur. Truss, scène, sound system, mise en scène et décoration seront conçus selon des standards internationaux. «Nous voulons démontrer que la musique mauricienne peut être présentée avec une production de haut niveau, capable de rivaliser avec de grands événements.» L'événement comprendra également plusieurs animations et corners spécialisés. Une soirée mousse (foam party) figure parmi les surprises annoncées, afin d'offrir une expérience immersive à un public de tout âge.

À l'annonce du concert, certains internautes ont critiqué le prix des billets, d'abord affiché à Rs 900 puis, à Rs 600. L'organisateur assume pleinement sa stratégie. «Les prix n'ont pas été revus à la baisse. Cela faisait partie d'une approche marketing réfléchie : créer du suspense, susciter des réactions, maintenir l'attention... Même un débat peut renforcer la visibilité d'un projet.» Il précise par ailleurs que toutes les démarches administratives ont été entreprises auprès des autorités concernées. «Les services essentiels comme la sécurité, les pompiers et les premiers secours ont déjà donné leur accord.» Fait notable : cette première édition ne bénéficie d'aucun sponsor. «C'est un projet porté avant tout par la passion et la volonté de faire revivre notre culture. Nous voulions préserver son authenticité.»

Au-delà d'un simple concert, JalsaLavini ambitionne de devenir, à terme, un festival sur plusieurs jours et de représenter Maurice à l'international. Rendez-vous le samedi 9 mai pour découvrir cette célébration unique de la musique locale.

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