Le haut-commissaire britannique à Maurice, Paul Brummell, et l'ambassadrice du Royaume-Uni pour les droits humains, Eleanor Sanders, ont visité un refuge pour femmes, le 5 février. Ils y ont rencontré des rescapées de violence basée sur le genre (VBG) et de traite d'êtres humains.
La démarche visait à mettre en avant la parole des survivantes, à réaffirmer la coopération Royaume-Uni-Maurice en matière de prévention de VBG et à annoncer un nouveau projet de renforcement des capacités destiné à améliorer la réponse policière.
Lors des échanges, elles ont parlé des facteurs qu'elles jugent profondément enracinés et qui alimentent les violences : normes de genre persistantes, dépendance économique, consommation d'alcool et de drogues, ainsi que la peur de représailles. Elles ont également fait part de leurs inquiétudes face à ce qu'elles perçoivent comme une application insuffisante des mesures existantes, la pression sociale, et les conséquences émotionnelles et financières à long terme des abus. Autant d'éléments qui, selon elles, freinent le signalement et la recherche d'aide.
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Dans ce contexte, les représentants britanniques ont annoncé un projet de renforcement des capacités, financé par le Royaume-Uni dans le cadre de l'UK-Mauritius Strategic Partnership Framework. Intitulée Ending Violence in Mauritius, l'initiative sera mise en oeuvre par l'organisation SafeLives, avec une formation sous licence du College of Policing du Royaume-Uni. Le programme prévoit trois sessions de formation, Domestic Abuse (DA) Matters, destinées aux premiers intervenants, ainsi que deux journées de formation sur mesure pour le leadership de la police. L'objectif affiché est de former des policiers d'ici le 31 mars 2026.
Le projet est présenté comme une réponse directe à des lacunes identifiées par le ministère de l'Égalité des genres et les partenaires de la société civile, qui soulignent la persistance des difficultés malgré les réformes des lois et les plans d'action nationaux. Les violences basées sur le genre restent, selon ces constats, une préoccupation majeure à Maurice, avec des répercussions sociales et économiques importantes, dont un coût annuel estimé à Rs 2 milliards.
L'initiative entend agir au point de contact le plus critique pour une victime : la première interaction avec les forces de l'ordre. L'objectif est que lorsqu'une survivante de violences domestiques ou de VBG sollicite de l'aide, le premier policier rencontré soit mieux préparé à répondre avec professionnalisme, empathie et cohérence. Le dispositif annoncé repose sur un programme intensif d'une semaine fondé sur des approches probantes, axé notamment sur la communication, et tenant compte des traumatismes, de la compréhension des dynamiques d'abus et de l'application effective de la législation actualisée.
Les policiers recevront une formation structurée sur l'identification des situations de violences domestiques, la manière de s'entretenir avec les victimes de façon sûre et sensible, et l'évaluation du risque pour déclencher une action adaptée. Le curriculum DA Matters vise aussi des compétences pratiques : prise de notes précise, compréhension des comportements des auteurs, application cohérente du droit et coordination avec d'autres acteurs. En intégrant à la fois les premiers intervenants et la hiérarchie policière, le projet cherche à renforcer la responsabilité et la constance au sein de la force. Les participants devraient repartir avec des outils et supports immédiatement mobilisables afin que l'urgence, la qualité de l'accueil et la protection soient mieux garanties dès les premiers instants.
Le Royaume-Uni a rappelé son engagement mondial en faveur de la fin des violences contre les femmes et les filles, indiquant qu'une femme sur trois dans le monde subit des violences au cours de sa vie, un enjeu présenté comme l'un des défis les plus urgents pour l'égalité des genres.