On les appelle souvent les «petits» collèges. Petits par la taille, par le nombre d'élèves, parfois par la visibilité médiatique. Pourtant, cette année, ils ont réalisé ce que bien des établissements dits d'élite convoitent : un carton plein au Higher School Certificate (HSC). Certes, les effectifs présentés aux examens ne sont pas comparables à ceux des grandes institutions. Mais au bout du compte, c'est le résultat final qui prime. Et derrière ces 100 % de réussite, un même mot revient: encadrement.
Au collège St-Helena's de Vacoas, l'édition 2025 restera gravée dans les annales. Les quatre élèves inscrits au HSC ont tous réussi et ce, dans l'ensemble des matières choisies. Une première pour l'établissement. Pour le manager, Tayab Nunkoo, la fierté est d'autant plus grande que ces jeunes ne viennent pas de milieux favorisés. «Nos enfants viennent d'une catégorie assez particulière. Beaucoup sont issus de familles séparées ou en difficulté. Lors de nos réunions, je rappelle souvent qu'ils viennent chercher non seulement la connaissance, mais aussi de l'amour», confie-t-il.
Certains vivent en shelters, d'autres avec leurs grands-parents, parfois loin d'un cadre familial stable. Dans ce contexte, l'école devient un repère. «Les enseignants donnent beaucoup d'affection à ces enfants et cela les motive à étudier davantage.» Le faible nombre d'élèves favorise une proximité rare entre enseignants, administration, parents - quand ils sont présents - et élèves. «Ç'a été la formule gagnante», estime le manager. Résultat : un 100 % historique.
L'encadrement personnalisé fait toute la différence
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Au Friendship College Boys à Goodlands, le sans-faute n'est plus une exception, mais une régularité. Depuis 2019, l'établissement affiche un taux de réussite total au HSC. Cette année encore, les quatre candidats ont tous décroché leur diplôme. Pour Clency Baldeo, Senior Educator, ce succès repose sur une méthode rigoureuse et constante. «Deux élèves sont avec nous depuis le Grade 7. Les deux autres nous ont rejoints en cours de route. Mais tous ont bénéficié d'un encadrement soutenu.»
Devoirs réguliers, petits contrôles fréquents, examens trimestriels calqués sur le modèle de Cambridge : le suivi est permanent. «C'est une manière d'évaluer leur progression et de corriger rapidement les lacunes», explique-t-il. Ces élèves n'étaient pas considérés comme faisant partie des «élites». Certains avaient même obtenu des résultats en dessous de la moyenne en primaire. «Mais il faut reconnaître le travail abattu par tous les départements. Il y a eu des échanges individuels entre enseignants et élèves, un suivi attentif de la rectrice et du management.»
Au-delà des chiffres, ces réussites racontent une autre histoire, celle d'établissements qui misent sur la persévérance, la discipline et l'attention individualisée. Au Friendship College Boys, l'assiduité est scrutée de près. «En cas d'absence, nous appelons immédiatement les parents. Nous veillons à ce que l'enfant soit toujours présent.» Une vigilance qui porte ses fruits.
D'autres collèges dits «modestes» ont également brillé. Le collège Père Laval, le Lycée Mauricien et le Swami Vivekananda State Secondary School (SSS) ont chacun enregistré 100 % de réussite avec leur unique candidat. Le Lighthouse Secondary School et St-Mary's West School ont vu leurs deux élèves réussir brillamment. Au Mootoocoomaren Sangeelee SSS, les huit candidats ont tous obtenu leur HSC. Curepipe College affiche, lui, six réussites.
Ces performances démontrent qu'audelà des infrastructures et des classements, la réussite repose avant tout sur l'engagement humain. Dans ces établissements, chaque élève compte. Chaque parcours est accompagné, suivi, encouragé. Les ambitions des lauréats varient - insertion professionnelle ou études universitaires - mais tous sont désormais la preuve qu'avec un encadrement adapté, la taille d'un collège ne détermine en rien la grandeur de ses résultats.
Cette année, les «petits» collèges ont rappelé une vérité essentielle : l'excellence ne se mesure pas au nombre, mais à la qualité du soutien offert. Et dans leurs salles de classe, souvent loin des projecteurs, se construisent des réussites qui forcent le respect.