Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et les guerres commerciales, la coopération climatique peut devenir un facteur de stabilité. C'est le message porté à Istanbul par Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, lors d'une intervention aux côtés de Murat Kurum, président désigné de la COP 31 en Türkiye.
Dans son premier grand discours depuis la COP 30, le responsable onusien a dressé le constat d'un « nouveau désordre mondial », caractérisé par l'instabilité et la remise en cause du multilatéralisme. Face à ce climat incertain, il estime que « l'action climatique peut apporter la stabilité dans un monde instable ». Selon lui, la coopération internationale en matière de climat constitue « un antidote au chaos et à la coercition », tandis que les énergies propres offrent une réponse durable à la volatilité des prix des combustibles fossiles.
Simon Stiell a mis en avant les avancées significatives réalisées au cours de la dernière décennie. Depuis l'Accord de Paris, les investissements mondiaux dans les énergies propres ont été multipliés par dix, passant de 200 milliards à plus de 2 000 milliards de dollars par an. En 2025, malgré des vents économiques et politiques contraires, ces investissements ont continué de croître fortement, dépassant plus du double des montants consacrés aux énergies fossiles. Les renouvelables ont, pour la première fois, dépassé le charbon comme principale source mondiale d'électricité.
Pour le chef d'ONU Climat, cette transformation repose à la fois sur les progrès des négociations internationales et sur l'action nationale. La majorité des pays ont adopté de nouveaux plans climatiques destinés à soutenir la croissance tout en contribuant, pour la première fois, à une réduction globale des émissions de gaz à effet de serre.
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La COP 30 a marqué une étape clé. Un trillion de dollars a été mobilisé pour les réseaux électriques propres et le stockage d'énergie. Les négociations ont également abouti à un accord visant à tripler le financement de l'adaptation, pour atteindre 120 milliards de dollars par an d'ici 2035, une avancée majeure pour les pays africains. Des indicateurs communs ont été adoptés pour mesurer les progrès accomplis.
Le programme d'action lancé par la présidence brésilienne et les Nations unies a produit plusieurs résultats concrets : 5,5 milliards de dollars d'engagements supplémentaires pour le fonds « Tropical Forests Forever », dont au moins 20 % destinés aux communautés locales et aux peuples autochtones ; plus de 9 milliards investis dans les systèmes fonciers et alimentaires, couvrant 210 millions d'hectares ; et près de 438 millions de personnes rendues plus résilientes face aux chocs climatiques grâce à l'initiative Race to Resilience.
À l'approche de la COP 31 à Antalya et de la COP 32 à Addis-Abeba, Simon Stiell a présenté une feuille de route en quatre axes : accélérer le développement de projets d'énergie propre et de résilience, mobiliser davantage de financements en faveur des pays en développement, renforcer des coalitions volontaires pour sortir des énergies fossiles et lutter contre la déforestation, et rapprocher les négociations climatiques de l'économie réelle.