Représentant le président Bassirou Diomaye Faye au 39e sommet de l'Union africaine, le Premier ministre Ousmane Sonko participe aux travaux à Addis-Abeba dans un contexte marqué par une vive polémique. En toile de fond : les spéculations autour d'un éventuel soutien de l'UA à la candidature de l'ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies, une hypothèse qui divise jusque dans les rangs du pouvoir sénégalais.
Le Premier ministre, Ousmane Sonko, est arrivé hier, vendredi, à Addis-Abeba (Éthiopie) pour prendre part à la 39e session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine (UA), prévue ce samedi 14 et dimanche 15 février.
Désigné par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, pour le représenter à cette rencontre annuelle des dirigeants africains organisée dans la capitale éthiopienne, siège de l'organisation continentale, Ousmane Sonko a été accueilli, à son arrivée à l'aéroport international de Bole, par la ministre éthiopienne de l'Urbanisme et des Infrastructures, Chaltu Sani, ainsi que par le ministre d'État aux Affaires étrangères, l'ambassadeur Berhanu Tsegaye.
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Placée sous le thème annuel : « Assurer une disponibilité durable de l'eau et des systèmes d'assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l'Agenda 2063 », en référence au cadre stratégique de développement à long terme de l'UA, cette 39e session ordinaire portera sur plusieurs questions majeures concernant l'avenir du continent africain.
Depuis quelques jours, un possible soutien de l'Union africaine à la candidature de l'ancien président du Sénégal, Macky Sall, au poste de secrétaire général des Nations unies, lors de cette rencontre, est également évoqué par certains observateurs. Une perspective qui passe difficilement auprès de plusieurs cadres du parti au pouvoir au Sénégal.
Le 7 février dernier, la diffusion d'une vidéo relayant un compte rendu de la télévision congolaise de Brazzaville, à l'issue de l'audience accordée par le président Denis Sassou Nguesso à son homologue sénégalais, dans le cadre de la visite officielle de ce dernier en République du Congo les 2 et 3 février, a déclenché une polémique. Selon ce média, les échanges entre les deux chefs d'État auraient porté sur plusieurs questions, dont celle relative au soutien de l'Union africaine à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies, en marge du 39e sommet annuel prévu les 14 et 15 février à Addis-Abeba.
Largement relayées sur les réseaux sociaux, ces images n'ont pas laissé indifférents certains partisans du régime en place, tout comme des défenseurs des droits humains. Dans une publication sur sa page Facebook, Guy Marius Sagna s'est montré catégorique : « Le Sénégal ne peut pas soutenir la candidature de quelqu'un qui a encouragé l'assassinat de près de 100 Sénégalais et l'emprisonnement de milliers de détenus politiques. Ce serait pire qu'une trahison envers nos martyrs et nos détenus politiques », a-t-il martelé.
Poursuivant sa dénonciation, le député de la majorité parlementaire a déclaré que ce supposé soutien constituerait « un mauvais signal envoyé à tous les dictateurs africains et non africains, et un coup de massue pour les peuples qui se battent pour leurs libertés ». Réagissant également sur sa page Facebook, Alioune Ibnou Abitalib Sow, dit Bentaleb, conseiller spécial du président de la République, a qualifié cette prise de position de son camarade de parti de « spéculation inutile », avant d'ajouter : « Dans nos rêves les plus fous et nos cauchemars les plus sombres, au nom de quoi ce pays soutiendrait-il la candidature de cette personne, qui pourrait être amenée à répondre devant notre justice pour toutes les exactions commises sous son magistère ? »