Également présent à Bagatelle, le ministre du Logement et des Terres, Shakeel Mohamed, a tenu à faire une mise au point concernant la diffusion de vidéos montrant des personnes sous l'emprise de drogues synthétiques. Alors que certaines images circulent massivement sur les réseaux sociaux - et que des députés publient même des photos de victimes -- le ministre lance un appel clair : la dignité des personnes concernées doit être respectée.
Shakeel Mohamed est revenu sur une réunion organisée à Port-Louis avec des habitants venus formuler des plaintes. Il explique qu'une vidéo a été enregistrée à cette occasion et qu'il a personnellement transmis les éléments en sa possession au commissaire de police.
Cependant, il précise avoir volontairement choisi de ne pas rendre cette vidéo publique. Selon lui, lorsqu'une personne fournit des informations sensibles, il est essentiel de protéger son identité. Il affirme ne pas vouloir exposer ces citoyens à d'éventuelles représailles ni mettre leur vie en danger. Il dit poursuivre la transmission de renseignements aux autorités afin de faciliter des opérations menant à des arrestations ainsi qu'à la saisie de produits illicites et de fonds issus du trafic.
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Le ministre insiste sur un point central : ceux qui collaborent avec les autorités doivent être protégés. Il rappelle que les trafiquants peuvent chercher à s'en prendre à toute personne soupçonnée de coopérer avec la police. Il estime donc indispensable de préserver l'anonymat des sources et d'agir avec responsabilité. Il affirme disposer encore de nombreux informateurs, tout en soulignant que cette coopération ne doit jamais se faire au détriment de la sécurité de ceux qui acceptent de parler.
«L'objectif doit rester la protection de vie humaine»
Évoquant les vidéos devenues virales, Shakeel Mohamed adopte une approche axée sur la santé publique. Selon lui, ces individus doivent être considérés comme des «malades nécessitant une prise en charge et un accompagnement». Il estime que la diffusion publique de ces images revient à humilier des personnes déjà fragilisées. Une personne sous l'effet de drogues n'est souvent plus consciente de ses actes ni de la situation dans laquelle elle se trouve. Publier ces images, affirme-t-il, revient à dénigrer une personne malade plutôt que de chercher à l'aider.
Sans viser directement qui que ce soit, il souligne que la diffusion de telles images peut apporter de la visibilité ou attirer l'attention médiatique, mais que l'enjeu principal ne doit pas être la mise en avant des politiciens. L'objectif, insiste-t-il, doit rester la protection de vies humaines, parfois en danger. Il affirme ne pas chercher à critiquer qui que ce soit et rappelle que chacun a droit à son opinion. Toutefois, ajoute-t-il, on ne peut pas sauver des vies en humiliant des personnes déjà en situation de détresse.
Pour le ministre, les consommateurs de drogues synthétiques sont avant tout des victimes du trafic. S'il choisit de transmettre des informations au commissaire de police, c'est parce qu'il se sent concerné et souhaite protéger la société, mais il refuse de le faire en exposant ou en dénigrant les victimes.