L'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) a publié, en ce mois de février 2026, le Rapport d'analyse des résultats de l'Indice de suivi des Objectifs de Développement Durable (ODD) au niveau infranational. Une première historique pour le Sénégal. Cet outil novateur permet désormais de mesurer, région par région et pôle-territoire par pôle-territoire, l'état d'avancement vers les 17 ODD à l'horizon 2030.
Pourquoi un tel indice ? Parce que les moyennes nationales masquent souvent de fortes disparités territoriales. En territorialisant les indicateurs, l'ANSD entend offrir aux décideurs publics un instrument précis d'aide à la décision, capable d'orienter les investissements et d'identifier les urgences locales.
L'édition 2025, fondée sur les données de référence 2023, établit un score national de 53 %. À sept ans de l'échéance fixée par l'Agenda 2030, le Sénégal a parcouru un peu plus de la moitié du chemin. Mais la dynamique varie fortement selon les régions.
Trois territoires se positionnent en tête : Ziguinchor (69,9 %), Thiès (61,7 %) et Dakar (60,9 %). Ces régions leaders affichent des performances solides sur plusieurs dimensions sociales et environnementales.
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À l'inverse, cinq régions restent sous la barre des 50 % : Tambacounda, Kolda, Kédougou, Matam et Kaffrine. Qualifiées d'« aspirantes », elles nécessitent des mesures d'urgence pour éviter un décrochage durable.
Le rapport identifie également des ODD en difficulté. L'éducation (ODD 4), l'égalité femmes-hommes (ODD 5), la vie aquatique (ODD 14) et la paix, justice et institutions efficaces (ODD 16) appellent à une mobilisation renforcée. Ces secteurs structurants conditionnent l'atteinte des autres objectifs.
À l'opposé, certains domaines constituent des points forts : la réduction des inégalités (ODD 10) atteint 82,7 %, la vie terrestre (ODD 15) 77,6 %, les partenariats (ODD 17) 75,7 % et la santé (ODD 3) 67,2 %. Des acquis à consolider pour accélérer la trajectoire globale.
L'étude met enfin en lumière un paradoxe industriel : Dakar concentre 46,2 % du PIB national, tandis que Kédougou, riche en ressources aurifères, affiche un taux de bancarisation de seulement 7,4 %. Un contraste révélateur des défis d'inclusion financière et de redistribution territoriale.
Avec cet indice inédit, le Sénégal se dote d'un baromètre stratégique pour piloter, de manière plus équitable et ciblée, sa marche vers 2030.