Il porte un regard ambivalent sur la célébration de la fête l'amour le 14 février de chaque année. Pour Paul Sédar Ndiaye, auteur du roman « Equilibre du Coeur », la Saint-Valentin est devenue le « Black Friday des sentiments ». Il s'exprimait samedi, lors de la présentation de son ouvrage au Café Littéraire.
Son livre a été certes publié un samedi 14 février, jour où les amoureux célèbrent ce sentiment naturel, cet attachement souvent désintéressé et profond envers leur moitié. Loin de lui l'idée de donner du crédit à cette célébration.
« La Saint-Valentin est devenue le Black Friday des sentiments. Je porte un regard ambivalent. D'un côté, toute occasion de célébrer l'amour est bonne à prendre. Mais de l'autre, la Saint-Valentin est devenue une caricature, une injonction à la consommation de l'amour. On achète des cadeaux pour prouver des sentiments, on s'exhibe sur les réseaux sociaux », a indiqué samedi, Paul Sédar Ndiaye, auteur du roman « Equilibre du Coeur ».
D'après lui, c'est l'exact opposé de ce que son livre défend. En réalité, l'auteur estime que l'amour véritable se construit dans le quotidien, dans les gestes discrets, dans les épreuves surmontées, pas dans une journée de performance commerciale.
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« C'est une fête qui met une pression énorme sur les couples et qui creuse la solitude de ceux qui sont seuls. L'amour se démontre 365 jours par an, et non une seule fois par an à l'aide d'une carte de crédit », déplore-t-il.
« Equilibre du Coeur » : entre la passion fusionnelle et la préservation de soi
En fait, la ligne de crête extraordinairement fine entre la passion fusionnelle et la préservation de soi, c'est cet équilibre qui est explorée dans le roman « Equilibre du Coeur » de l'auteur Paul Sédar Ndiaye, observateur aguerri des dynamiques humaines.
« C'est l'équilibre entre donner sa confiance et garder son jardin secret, entre l'engagement envers l'autre et la loyauté envers soi-même. C'est aussi l'équilibre entre les attentes de la société et les besoins intimes du couple », a-t-il expliqué.
Selon lui, le roman ne dit pas si cet équilibre est « atteignable » une fois pour toutes. Mais, il suggère que la quête elle-même est ce qui donne son sens à l'amour. Ce n'est pas un état stable, mais un ajustement permanent, un artisanat patient.
« L'équilibre du coeur ne consiste pas à ne jamais chuter, mais à savoir se relever ensemble. On pense souvent que le mariage est la fin de la solitude, mais c'est parfois là que tout commence. Absolument. Alassane et Yeuma sont deux personnages profondément seuls, mais de manières différentes », précise M. Ndiaye.
En réalité, Alassane est seul au sommet de sa réussite sociale, isolé par une méfiance maladive qui l'empêche de se connecter authentiquement. Yeuma, elle, est seule face à un destin qu'on lui impose, une solitude née de l'incompréhension et du poids des attentes familiales.
Donc, à travers cet ouvrage l'auteur souligne que leur mariage n'est pas la fusion de deux âmes, mais la collision de deux solitudes qui, paradoxalement, se révèlent l'une à l'autre dans la crise.
« Le véritable drame de ce livre n'est pas la mort de l'amour »
« Le drame du roman n'est pas tant leur séparation que leur incapacité à transformer cette solitude partagée en une force commune. Le véritable drame de ce livre n'est pas la mort de l'amour, mais le fait qu'il n'a jamais eu l'oxygène nécessaire pour grandir. On nous apprend à tomber amoureux, mais personne ne nous apprend à le rester », fait-il savoir.
Au-delà de l'équilibre des coeurs des deux âmes unies par les liens du mariage par leurs familles ; e roman montre comment, dans la société sénégalaise contemporaine, les relations humaines sont de plus en plus monétisées.
Le mariage au Sénégal reste, regrette-t-il, une alliance entre deux familles avant d'être une union entre deux individus. Cette tradition, qui peut être une force et un soutien, devient ici une source de pression insoutenable.
« Le livre ne plaide pas pour une rupture avec la famille, mais pour une redéfinition des frontières, pour la création d'un espace sanctuarisé où le couple peut construire sa propre identité. Le couple moderne doit apprendre à bâtir un foyer aux murs solides, mais aux portes toujours ouvertes », a affirmé Paul Sédar Ndiaye.
Pour rappel M. Ndiayr est aussi auteur d'un essai intitulé « Téranga, la gestion du leadershi » et du roman « Les larmes de Mossane ».