L'élevage sénégalais va entrer dans une nouvelle dynamique. Une tournée du ministère de tutelle a permis de mettre à nu les nombreuses contraintes du secteur.
La Tournée nationale de l'élevage, effectuée par le ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage, Mabouba Diagne, a mis en évidence l'urgence de recentrer l'action publique autour de priorités claires et structurantes. Selon un document dont nous avons reçu copie, à l'issue de la première journée, il est apparu nécessaire de consacrer plus de 90 % des ressources disponibles à cinq axes stratégiques afin de répondre durablement aux défis du sous-secteur.
La première priorité concerne l'alimentation du bétail, particulièrement critique entre février et juillet. Pour y faire face, les autorités préconisent « l'accélération de la mise en place des Coopératives agricoles communautaires à orientation élevage (Cac-Élevage) dans les 25 communes situées le long des corridors de transhumance ».
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Ces structures permettront de « sécuriser la production fourragère et de réduire la vulnérabilité des éleveurs ». Le deuxième axe porte sur l'accès à l'eau, avec la multiplication de forages pastoraux, dotés de systèmes de pompage, solaire afin d'assurer l'abreuvement durable du cheptel. La santé animale, à travers le renforcement des infrastructures vétérinaires, la vaccination systématique et les dispositifs de veille sanitaire, constitue la troisième priorité.
La lutte contre le vol de bétail figure également parmi les préoccupations majeures avec un accent mis sur la prévention, la traçabilité et la sécurisation des troupeaux. Enfin, la formation, le financement et la transformation visent à renforcer les capacités des jeunes et des femmes, faciliter leur accès au crédit et développer des unités locales de transformation.
Dans cette dynamique, plus de 20 Cac-Élevage pilotes de 200 hectares, extensibles à 500 hectares, seront implantées dans les zones de transhumance. À terme, l'objectif est « d'atteindre 200.000 hectares de cultures fourragères en 10 ans, de créer de grands périmètres agricoles dédiés à l'élevage et de renforcer la production nationale de viande et de lait », indique-t-on dans le document. Cette approche intégrée ambitionne de « structurer durablement le secteur, d'améliorer les revenus des producteurs et de consolider la souveraineté alimentaire du Sénégal ».