Madagascar: Des familles sinistrées du cyclone Gezani trouvent refuge dans un lycée de Tamatave

À Madagascar, le bilan humain du passage du cyclone Gezani est désormais de 43 décès et 427 blessés sur l'ensemble du territoire. Si les vents se sont calmés, une autre crise, humanitaire celle-ci, débute pour les rescapés. À Tamatave, sur la côte Est de la grande île, la région la plus touchée, des milliers de personnes s'entassent dans des centres d'hébergement d'urgence.

Une odeur de nourriture mêlée à l'humidité des vêtements entassés. Au lycée de Ziona Salazamay, l'un des quinze centres d'hébergement de Toamasina, 72 familles - soit près de 200 personnes - dorment à même le sol dans les salles de classe. Naliouva a fui sa maison en pleine nuit. Son fils de 15 ans, lourdement handicapé et incapable de se mouvoir, a dû être porté à bout de bras en plein milieu du chaos : « C'est son papa qui l'a porté car il ne peut pas marcher. Il a failli mourir, son papa a été obligé de le porter. Ici on n'a pas de lits, on dort à terre. On mange comme tout le monde, mais ce n'est pas assez. »

Pour ces familles, l'État a débloqué une aide de 280 000 ariary, soit environ 55 euros par foyer. Une somme censée couvrir les besoins vitaux et l'achat de matériaux pour reconstruire. Francine, enseignante dans ce lycée transformé en refuge, assiste impuissante à la situation : « Le plus important, c'est d'être en vie. Ce sont des familles qui ont des maisons totalement ravagées par le cyclone, et nous sommes ici pour les héberger. »

Une réouverture des classes qui laisse ces familles démunies

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Le répit est pourtant de courte durée. Le gouvernement a fixé la réouverture des écoles au 23 février 2026. À cette date, les déplacés de Ziona Salazamay devront libérer les classes. Comme Naliouva, des milliers de sinistrés se retrouvent aujourd'hui pris en étau : trop pauvres pour rebâtir, et désormais trop encombrants pour les structures d'urgence.

Et la menace n'est pas totalement écartée pour la Grande Île. Selon les derniers relevés de ce matin, le cyclone Gezani a perdu en intensité, mais il revient désormais vers les côtes malgaches. Il pourrait se situer à seulement 100 kilomètres des côtes d'Itampolo, dans le sud-ouest de Madagascar, dès lundi soir. Des vents violents, proches de 65 km/h, sont attendus. Les autorités maintiennent les mesures d'alerte et appellent les habitants des districts concernés à la plus grande vigilance.

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