Investir dans l'Afrique que nous voulons - Comment les barrages polyvalents du Groupe de la Banque africaine de développement alimentent la prospérité du continent

14 Février 2026
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African Development Bank (Abidjan)
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Alors que les dirigeants africains se réunissent ce week-end à Addis-Abeba pour le 39e Sommet de l'Union africaine, le débat se déplace des freins au développement du continent vers les leviers de son progrès. Le thème du Sommet : « Garantir un approvisionnement durable en eau et des systèmes d'assainissement sûrs dans le cadre de la mise en oeuvre de l'Agenda 2063 » souligne l'importance de l'eau, pilier stratégique de la prospérité économique, pierre angulaire de la santé publique et gage de résilience.

En plaçant l'eau et l'assainissement au plus haut niveau politique, l'Union africaine appelle à un leadership audacieux pour débloquer les opportunités économiques, préserver le bien-être des communautés et consolider l'avenir de l'Afrique.

Le Groupe de la Banque africaine de développement soutient cette étape décisive pour faire passer la Vision africaine de l'eau 2063, pilotée par l'Union africaine, de la phase de projet à celle de la réalité. La question est cruciale, car, plus de 400 millions d'Africains n'ont pas accès à l'eau potable.

  • Au coeur de cette évolution se trouve la Nouvelle architecture financière africaine (NAFA), ancrée dans la vision stratégique des Quatre points cardinaux du président de la Banque, Dr Sidi Ould Tah qui sont les suivants :
  • Mobiliser des capitaux à grande échelle : transformer l'eau en une classe d'actifs de grande valeur et bancable pour combler le déficit de financement de 70 milliards de dollars par an.
  • Réformer l'architecture financière : renforcer la Facilité africaine de l'eau -- notre premier accélérateur d'investissement -- tout en tirant parti de la notation de crédit AAA de la Banque pour déployer des obligations vertes, réduire les risques pesant sur les capitaux privés et développer des ressources durables.
  • Exploiter les dividendes démographiques : transformer la « pauvreté temporelle » en productivité économique pour une population qui devrait atteindre 2,5 milliards de personnes en 2050.
  • Construire une infrastructure résiliente : inverser la tendance du stress hydrique pour positionner cette ressource comme le socle de la sécurité à long terme. Aligné sur le cadre du nexus eau-alimentation-énergie-écosystèmes pour la gestion des ressources interconnectées, un seul investissement peut simultanément alimenter l'industrie, étendre l'irrigation à travers les terres agricoles africaines majoritairement tributaires des précipitations et garantir l'accès à l'eau potable pour des millions de personnes.

Une approche innovante : les barrages polyvalents

Par l'intermédiaire de la NAFA, le Groupe de la Banque africaine de développement considère les projets de barrages polyvalents comme essentiels pour faire face à la crise de l'eau sur le continent, en les présentant comme des investissements stratégiques dans des infrastructures susceptibles d'alimenter l'industrie, de garantir l'approvisionnement en denrées alimentaires et de protéger la santé publique.

« Les projets de barrages polyvalents permettent un partage équitable des ressources en eau pour répondre à divers besoins en générant des impacts transformateurs à grande échelle, en intégrant le nexus eau-alimentation-énergie-écosystèmes et en créant des systèmes résilients où la participation conjointe des secteurs public et privé peut stimuler une croissance durable, l'innovation et une prospérité partagée tout en favorisant la collaboration intersectorielle », a déclaré Mtchera Johannes Chirwa, directeur du département du Développement de l'eau et de l'assainissement du Groupe de la Banque.

Les barrages polyvalents permettent d'importants gains d'efficacité grâce à la mutualisation de l'utilisation des infrastructures : une seule installation génère de multiples impacts dans plusieurs secteurs, notamment l'approvisionnement en eau, l'irrigation et la production d'énergie. L'eau utilisée pour la production d'électricité peut être réutilisée en aval pour d'autres activités économiques, telles que l'irrigation et le maintien du débit écologique.

Au niveau local, cette approche garantit l'approvisionnement en eau des communautés et, aux niveaux régional et national, favorise l'irrigation et la production d'électricité. Enfin, la viabilité financière des projets de barrages polyvalents est soutenue par un modèle de partage des coûts. La production d'électricité et l'irrigation génèrent des revenus qui contribuent à l'entretien du barrage, compensant ainsi les revenus limités provenant des redevances sur l'eau à usage domestique, qui sont souvent insuffisants pour couvrir les coûts d'exploitation et d'entretien.

Le projet de barrage de Thwake au Kenya, actuellement en construction et bénéficiant du soutien du Groupe de la Banque africaine de développement, illustre cette approche multifonctionnelle. Situé au confluent des rivières Athi et Thwake, ce barrage de 80,5 m de haut, d'une capacité de 688 millions de mètres cubes, est cofinancé par le gouvernement kényan et le Groupe de la Banque africaine de développement pour environ 635 millions de dollars américains. Ce projet phare du plan Vision 2030 du Kenya devrait être achevé en juillet 2027 et profiter à 1,3 million de personnes en leur fournissant de l'eau potable, de l'énergie hydroélectrique (20 MW) et l'irrigation pour 40 000 hectares de terres agricoles. Il devrait transformer durablement une région semi-aride du Kenya touchée par la sécheresse, en assurant la sécurité alimentaire et en créant des emplois locaux.

Kenya -- Programme de développement hydraulique polyvalent de Thwake | Flickr

Le Programme de développement des ressources en eau polyvalentes de Muvumba, au Rwanda, soutenu par la Banque, illustre également cette approche. Approuvé en octobre 2020 avec un financement de 121,5 millions d'euros, ce projet s'articule autour d'un barrage de 39 mètres de haut sur la rivière Muvumba, actuellement réalisé à 36,6 % et dont la mise en service est prévue pour octobre 2026, qui permettra de stocker 55 millions de mètres cubes d'eau. Desservant le district de Nyagatare, il fournira quotidiennement 50 000 mètres cubes d'eau potable, irriguera 10 000 hectares de terres agricoles et produira 1 MW d'hydroélectricité. Le programme renforce également la résilience climatique grâce à la protection des bassins versants, la gestion des forêts et le renforcement des capacités locales. Il devrait profiter à environ 800 000 personnes et soutenir également la pêche et l'élevage. Les revenus de l'hydroélectricité permettront de couvrir les coûts d'exploitation et de maintenance.

Selon l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), le coût de l'électricité produite par les nouveaux projets hydroélectriques est l'un des plus bas parmi les sources d'énergie renouvelable, ce qui renforce l'attrait des infrastructures de barrages à usages multiples.

Au Burundi, un projet hydroélectrique a transformé des vies

La ville de Gitega et les localités environnantes au Burundi étaient confrontées à des coupures de courant et à des baisses de tension fréquentes dues à une alimentation électrique insuffisante. Ce problème a été résolu grâce à l'installation de lignes de transport d'électricité plus performantes et à la fourniture d'énergie hydroélectrique provenant du projet de barrage des chutes de Rusumo, qui a été achevé et mis en service en 2024. L'amélioration s'est fait sentir dans tout le pays, qui bénéficie désormais d'un approvisionnement continu et stable en électricité.

« L'impact est flagrant », déclare le Dr Arnaud Ndorukwigira, médecin et directeur adjoint de l'hôpital régional de Gitega, la capitale politique du pays. « L'une de nos patientes était une mère qui a accouché prématurément de triplés à six mois (de grossesse). Sans les nouvelles couveuses alimentées en électricité 24 heures sur 24, nous n'aurions pas pu nous occuper correctement de ces bébés, et ils seraient probablement décédés. Aujourd'hui, les prématurés prennent progressivement du poids et leur mère est très heureuse. »

Le projet a bénéficié d'un financement de 107,11 millions de dollars du Groupe de la Banque africaine de développement, dont 97,31 millions provenaient du Fonds africain de développement et 9,8 millions du Fonds spécial du Nigeria. La Banque mondiale et l'Union européenne ont également contribué au financement.

Hôpital de Gitega : le rôle essentiel de la centrale hydroélectrique de Rusumo:

L'engagement en faveur du développement du secteur de l'eau est pleinement aligné sur le point cardinal 4 de la vision du président de la Banque, qui vise à « construire des infrastructures résilientes » et à « créer une solide valeur ajoutée », tout en générant des opportunités pour les jeunes et les femmes.

Afin de mobiliser des capitaux privés dans le secteur de l'eau en Afrique, le Groupe de la Banque déploie des outils de financement innovants, notamment des obligations vertes et de développement durable ainsi que des financements mixtes, en tirant parti de sa notation de crédit AAA pour attirer les investisseurs dans un domaine longtemps considéré comme la chasse gardée du secteur public. Face à la croissance démographique rapide, aux pressions écologiques croissantes et aux vastes besoins en infrastructures qui accentuent les défis liés à l'eau sur le continent, le Groupe de la Banque africaine de développement mise sur les barrages polyvalents et les partenariats stratégiques pour jeter les bases d'une Afrique plus sûre dans le domaine de l'eau, plus résiliente et plus prospère.

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