À l'approche du carême, qui débutera ce mercredi 18 février, Monseigneur Jean Michaël Durhône, évêque de Port-Louis, a lancé sa lettre pastorale annuelle, centrée cette année sur la construction d'une société plus humaine et fraternelle. Dans un contexte social marqué par les accidents, les addictions et les défis éducatifs, l'évêque invite à une réflexion profonde sur la solidarité et la dignité humaine.
«J'ai voulu mettre l'accent sur le changement vers un coeur plus humain et fraternel, surtout dans le contexte social que traverse le pays», explique Mgr Durhône. Il souligne les drames récents, avec plus d'une vingtaine d'accidents mortels sur les routes depuis janvier, touchant particulièrement les jeunes, ainsi que l'ampleur des addictions, allant de l'alcool à la drogue. Il revient également sur les résultats scolaires du School Certificate et du Higher School Certificate, notant que si certains établissements, dont les collèges catholiques, ont montré de bonnes performances, «il ne faut pas oublier ceux qui sont en échec».
L'évêque insiste sur le rôle de l'Église dans la lutte contre la pauvreté et la marginalisation. «La pauvreté n'est pas une fatalité. La transformation du monde passe par la dignité que l'on apporte aux personnes», affirme-t-il, évoquant la nécessité de sensibiliser les jeunes aux réalités sociales et d'accompagner ceux qui traversent des difficultés psychologiques ou font face à des tentatives de suicide.
Monseigneur Jean Michaël Durhône présente sa lettre pastorale 2026, invitant les Mauriciens à construire une société plus humaine et fraternelle à l'occasion du carême. À ses côtés : le Vicaire général Georgy Kenny (à g.) et le Père Patrick Polydor (à dr.).
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Sur le plan éducatif, Mgr Durhône attend la publication du Blueprint pour mieux cibler le soutien à apporter, notamment aux élèves en difficulté dès le primaire. «Les jeunes doivent encore apprendre à lire et à écrire en Grade 11. Il faut une approche plus inclusive dès les premiers niveaux», souligne-t-il.
Le fléau de la drogue reste également au coeur de ses préoccupations. «Les drogues synthétiques se multiplient, et la réhabilitation doit être accompagnée par la justice, la police et les instances spécialisées. Un pays sans drogue est-il possible ? Nous devons prendre des mesures concrètes», insiste l'évêque, appelant à la prévention et à la sensibilisation dès le plus jeune âge.
Les réseaux sociaux constituent un autre sujet central. Mgr Durhône dénonce le voyeurisme et les contenus choquants qui circulent en ligne, parfois diffusés sans que les familles en soient informées. «Il faut rester dignes, respecter les autres et veiller à ce que le numérique ne fragilise pas le tissu social mauricien. La loi doit encadrer la communication tout en éduquant sur l'éthique et le respect», affirme-t-il.
Dans le cadre du carême, le Père Patrick Polydor a conçu un calendrier basé sur la lettre pastorale, proposant des actions concrètes pour chaque jour : jeûnes, réduction de l'usage des portables ou gestes de solidarité. «Le carême est un temps pour se rapprocher de Dieu et se décentrer de soi-même, en incarnant ces valeurs au quotidien», explique-t-il.
Le calendrier et la lettre pastorale sont disponibles dans les paroisses au prix de Rs 25 l'exemplaire, invitant chacun à participer activement à ce chemin de réflexion et d'action pendant cette période de carême.