Flic-en-Flac, haut lieu touristique de l'Ouest, a été le théâtre la semaine dernière d'une opération policière qui met en lumière une réalité inquiétante : la prostitution dite «haut de gamme», organisée et discrète, semble gagner du terrain dans certaines zones touristiques.
Trois ressortissantes russes ont été arrêtées lors de cette opération ciblée, menée le 9 février dans la soirée, après plusieurs semaines d'enquête discrète par la police de Flic-en-Flac. Les femmes concernées sont Zhanna Sysoeva, 51 ans, arrivée le 15 janvier en touriste avec un billet de retour prévu le 15 mars 2026; Olesia Federiagina, 47 ans, arrivée le 2 février, départ prévu le 19 février 2026 ; et Oliviia Mititelu, 39 ans, arrivée le 31 janvier.
Les trois suspectes ont été placées en détention au poste de Flic en-Flac le jour de leur arrestation. Elles ont comparu devant la cour de Bambous et ont été libérées sous caution de Rs 3 000 chacune le mardi 10février. La police poursuit ses investigations pour déterminer si elles sont liées à un réseau plus large.
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Selon l'enquête, leur présence à Maurice n'avait rien d'innocent. Ces femmes, expliquent les policiers, sont venues «pour le business»: proposer des relations sexuelles tarifées à une clientèle locale et touristique prête à payer pour la discrétion.
Mode opératoire
L'opération n'a rien d'un hasard. La police de Flic-en-Flac travaillait sur ce dossier depuis plus de trois semaines, alertée par des signalements sur la montée d'une prostitution haut de gamme dans la région. Ces femmes ne travaillaient pas dans la rue, mais dans des appartements loués sur des plateformes en ligne et des villas discrètes. Utilisés comme de véritables «loka».
Selon nos informations, leur mode opératoire était rodé : arrivée à Maurice sous couvert de tourisme, location d'un logement privé, communication avec la clientèle via des sites spécialisés, et prestations tarifées àRs15000 le rapport sexuel. L'enquête au sujet de l'une d'entre elles indique qu'elles pouvaient avoir jusqu'à six clients par jour. «Elles savent que l'argent est difficile dans leur pays. Une fois ici, elles récupèrent rapidement les frais de voyage et d'hébergement», nous confie une source.
Infiltration, perquisition
Le 9 février, à partir de 19 h 45, une équipe d'intervention sous la supervision d'un officier supérieur a été déployée dans plusieurs zones sensibles de Flic-en-Flac.
Un policier en mission s'est rendu dans une résidence située le long de la route côtière, où deux femmes l'auraient abordé et proposé des relations sexuelles contre paiement. Lorsqu'il a révélé son identité, elles ont été informées de l'infraction de sollicitation à des fins immorales dans un lieu public. Elles auraient affirmé ignorer que cette pratique est interdite à Maurice.
Une perquisition a ensuite été effectuée dans l'appartement. La fouille a permis de saisir 126 préservatifs, des lubrifiants et huiles de massage, 3 150 euros en espèces, Rs 11 200 en billets mauriciens et un billet d'un dollar.
Plus tard, vers 21h15, une autre intervention a été faite dans une villa de la même zone. Une troisième femme a également sollicité le policier pour des relations sexuelles contre paiement. Une perquisition a permis de saisir 118 préservatifs, Rs 26 000 en espèces
Stupre et luxure
Derrière ces arrestations, c'est une réalité plus large qui se dessine : la prostitution de luxe, organisée, discrète et lucrative, semble s'étendre à certaines zones touristiques de Maurice. Les étrangères arrivent avec leur propre financement, choisissent leurs logements et savent qu'elles trouveront facilement la clientèle prête à payer pour la discrétion.
«Certaines viennent de pays où les revenus sont faibles. Maurice devient un marché rentable pour elles», explique notre source.