Le cheikh Abdoul Hamid Zoungrana a encore drainé du beau monde dans la soirée du 14 février 2026. Le terrain avoisinant le terminus de la Société de transport en commun, au quartier Bissighin de Ouagadougou a, en effet, servi de cadre pour prêcher sur les attitudes que les adeptes de l'islam doivent observer pour accueillir le jeûne, quatrième des cinq piliers de l'islam (voir encadré), et les solutions que préconise cette religion pour minimiser les divorces, de plus en plus récurrents.
2083. C'est le nombre de divorces qui ont été prononcés par neuf Tribunaux de grande instance (TGI) au cours de la période 2019-2023. C'est un rapport de l'Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), publié en décembre 2024, qui a dressé un état des lieux « préoccupant » du divorce au Burkina Faso. Cette étude a noté une montée constante des séparations conjugales, particulièrement au sein des jeunes couples.
Mais quid de ces séparations qui échappent aux circuits de l'administration judiciaire ? Désireux d'apporter sa contribution, aussi modeste soit-elle, pour minimiser un fléau aux conséquences désastreux et inimaginables, le cheikh Abdoul Hamid Zoungrana, a opté de l'analyser sous le prisme de l'islam. L'islam n'interdit pas le divorce mais le considère comme l'un des actes permis les plus détestés.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Les causes des divorces à la lumière d'hadiths du prophète et de savants musulmans se résument, entre autres, à l'insuffisance de la crainte de Dieu dans les foyers (hommes et femmes), à de mauvaises fréquentations, à des menaces et intimidations contre le chef de famille, au manque de tolérance des conjoints. Mais les trois raisons suffisantes pour divorcer de sa femme, selon l'islam, sont l'infidélité de la femme, le fait pour elle de recourir à des pratiques d'envoutement et son refus catégorique de prier quotidiennement après moult tentatives de la raisonner.
Les oulémas, eux, avaient déjà identifié sept caractères de femmes qui ne sont pas de nature à assurer des ménages stables et épanouis. En premier lieu, celles qui se plaignent et ne sont jamais satisfaites des cadeaux de leurs époux. Ensuite, celles qui compensent une dépense familiale (popote par exemple) et s'empressent de réclamer ce qu'elles ont apporté. De plus, celles qui accordent plus d'attention et de considération à ses connaissances et amies plus qu'à ses enfants et à son époux.
Dans la liste, figurent, par ailleurs, celles qui ressassent leur passé, notamment la vie dans leurs familles d'origine, les privilèges et facilités qui leur sont à présent hors de portée du fait de la situation de leurs maris, voire les prétendants qui les courtisaient. S'ajoutent à ces portraits robots, celles qui ont un goût très prononcé pour le matériel et ne vivent des instants de bonheur avec leurs époux que lorsqu'elles ont reçu un cadeau de leur part mais changent d'attitudes lorsque ceux-ci se retrouvent dans des difficultés. Celles qui attirent l'attention sur elles en public mais ne font aucun effort pour se rendre présentables aux yeux de leurs époux viennent en sixième position.
Celles qui haussent leurs tons en cas de mésentente ou de règlement de conflit ferment la marche. « J'invite toute fille ou femme qui se reconnaîtrait dans ces traits de caractère à revoir sa copie », a suggéré le mollah qui, loin de s'attaquer à l'autre moitié du ciel, n'a fait que ressortir le fruit de ses recherches sur la question du divorce vu par l'islam.
Il n'a pas manqué d'interpeller les chefs de ménages sur leurs rôles et responsabilités dans la vie commune et a conclu par des recommandations de savants pour minimiser le divorce que le prophète Mohammad, himself, a eu comme dernier recours à un moment de sa vie. Ces remèdes : que l'homme et la femme s'abstiennent d'insulter ou de dire des monstruosités dans la colère.
Il est recommandé de faire des ablutions, de faire une prière surérogatoire voire de quitter la cour momentanément le temps de retrouver ses esprits. La femme doit s'empresser de demander des excuses à son époux. Faire table rase sur les conflits passés plutôt que de les ramener au goût du jour à tout bout de champ. Hommes et femmes doivent s'aider mutuellement dans l'éducation de leurs progénitures en leur inculquant des valeurs islamiques telles que la solidarité, le partage avec le voisin, fut-il un non-musulman. Les deux doivent se contenter de ce qu'ils ont plutôt que de vouloir vivre au-dessus de leurs moyens.