Le 16 décembre dernier à Washington, l'ambassadeur Jonathan Pratt, haut responsable du Bureau des affaires africaines, a présidé une réunion de formation technique et réglementaire « États-Unis-Afrique sur l'espace ».
La rencontre constitue la première d'une série d'initiatives préparatoires à la « Conférence NewSpace Africa », prévue du 20 au 23 avril à Libreville, au Gabon. L'objectif affiché par Washington est clair : accompagner les pays africains dans la mise en place de programmes spatiaux nationaux « financièrement robustes et alignés sur les normes internationales », selon Jonathan Pratt.
Les États-Unis insistent sur la nécessité de développer des capacités locales « non dépendantes, opaques ou contrôlées par des acteurs extérieurs », un message qui résonne dans un contexte de compétition géopolitique accrue.
Une mobilisation africaine significative
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Des représentants des agences spatiales de plusieurs pays africains ont pris part aux travaux, notamment le Sénégal, l'Angola, l'île Maurice, Djibouti, le Nigeria, le Kenya, le Botswana, le Éthiopie, la Namibie, le Rwanda et l'Égypte. Cette diversité témoigne de l'intérêt croissant du continent pour les applications spatiales : télécommunications, observation de la Terre, gestion des catastrophes ou encore agriculture de précision.
Côté américain, des représentants du United States Department of Defense, du United States Department of Commerce et de la Federal Communications Commission ont pris part aux échanges, soulignant l'importance stratégique accordée à cette coopération.
Une Afrique spatiale en pleine mutation
Selon la diplomatie américaine, le continent compte désormais plus de 60 satellites en orbite, illustrant l'émergence d'un écosystème spatial africain dynamique. Cette montée en puissance attire l'attention des grandes puissances. Une concurrence soutenue oppose déjà les États-Unis, la Chine et la Russie, chacune cherchant à consolider son influence technologique et stratégique.
Au-delà de la formation technique, cette initiative marque une étape supplémentaire dans la « diplomatie spatiale » américaine en Afrique. Les participants ont convenu de renforcer leur coopération afin de promouvoir une exploration responsable, transparente et conforme aux standards internationaux. À l'approche de la conférence de Libreville, l'espace apparaît plus que jamais comme un nouveau terrain d'affirmation des partenariats et des rivalités mondiales sur le continent africain.