En Guinée, le procès du massacre dit « du 28 septembre 2009 » se poursuit. Il s'agit de massacres qui ont été commis lors d'une manifestation de partisans de l'opposition au stade de Conakry. Un premier groupe de militaires a déjà été jugé et condamné le 31 juillet 2024.Depuis le mois dernier, un second volet judiciaire s'est ouvert visant des officiers dont le colonel de gendarmerie Bienvenu Lamah - devant le tribunal criminel de Dixinn, proche banlieue de Conakry. Lundi 16 février 2026, de nouvelles victimes sont venues apporter leurs témoignages.
Parmi les victimes, Dame Thamar Thiam a livré un témoignage poignant sur les événements tragiques du 28 septembre 2009 au stade de Conakry. Elle raconte les coups de matraque, les insultes, les bastonnades, les vêtements déchirés. Puis vient le témoignage à huis clos des femmes victimes de viol. Nombreuses comparaissent avec des documents médicaux.
Ce que l'un des avocats de la défense, Me Zézé Kalivogui tente de contester : « Elle a raconté ce qu'elle pense avoir vécu, nous avons juste décelé quelques incohérences par rapport au document qu'elle détient. Vous savez, dans un procès, il y a ce qu'on dit et il y a les documents qui soutiennent ce qu'on dit. Maintenant, s'il y a un décalage entre ce qu'on dit et les documents qu'on présente, il y a matière à débat ».
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Pour Me Thierno Amadou Oury Diallo, l'un des avocats des parties civiles, cette stratégie de la défense est tout simplement odieuse. « C'est un récit tragique qu'elle a fait ce matin, vous avez vu comment elle a été traumatisée. Quand elle parle de la répartition des femmes dans trois groupes à la sortie du stade, il y a un groupe qui est destiné à être violé sur place, un groupe destiné à être frappé sur place et un autre groupe destiné à être envoyé dans des domiciles privés pour subir de l'esclavage sexuel. Des viols collectifs par ces hommes en uniforme, c'est vraiment tragique ».
Le second volet de ce procès se poursuit avec encore une soixantaine de victimes à entendre dans les prochains mois.