Sierra Leone: Tensions durant l'audition par la justice d'un cadre du principal parti d'opposition

En Sierra Leone, Lansana Dumbuya, le Secrétaire général du principal parti d'opposition, l'APC, a comparu le 16 février à Freetown. Poursuivi pour incitation et insultes envers le président Julius Maada Bio, après des propos tenus lors d'un meeting fin janvier, il est détenu depuis ce week-end après que sa demande de remise en liberté sous caution a été refusée. Lundi, l'audience a finalement été interrompue et l'opposant reconduit en prison.

Devant le tribunal de Freetown, capitale de la Sierra Leone, l'attente a duré toute la journée. L'audience était annoncée à 10 heures, mais il est près de 15 heures, quand le magistrat finit par entrer. À l'extérieur, des partisans du All People's Congress (APC) se massent, certains suivant même la scène en direct sur Facebook.

À peine la séance s'ouvre qu'un bras de fer éclate : le magistrat veut limiter le nombre d'avocats autorisés à défendre Lansana Dumbuya, quinze au maximum. Pour la défense, c'est incompréhensible et illégal.

« Aucune loi ne limite le nombre d'avocats »

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Maître Abdul Karim Kamara, l'un des avocats de l'opposant, lance : « Il n'existe aucune loi en Sierra Leone qui limite le nombre d'avocats pouvant représenter un accusé. L'atmosphère dans la salle d'audience était très tendue, avec de nombreux policiers et militaires. Il faut bien comprendre qu'on maintient en détention le Secrétaire général du plus grand parti d'opposition, et, par extension, du plus grand parti politique du pays. C'est un rétrécissement de l'espace politique pour la démocratie multipartite. »

Selon la défense, le magistrat a finalement quitté le tribunal et Lansana Dumbuya a été reconduit à la prison de Pademba Road à Freetown. L'affaire suscite aussi des réactions politiques, y compris au sein du camp présidentiel, certains réclamant la remise en liberté sous caution du Secrétaire général de l'APC. Aucune nouvelle date n'a été annoncée pour la suite de la procédure.

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