Madagascar: Reconstruction et consommation - La population prise entre deux feux à Toamasina

La détresse des sinistrés de Toamasina devient une opportunité commerciale pour certains. Le gouvernement annonce des mesures face à ces dérives.

La reconstruction s'annonce difficile pour Toamasina. Sa population se retrouve prise au piège entre l'urgence de rebâtir et la spéculation qui prospère sur les ruines. Dans la région Atsinanana, plus de 70 000 habitations doivent être reconstruites, notamment à Toamasina I et II, les zones les plus durement frappées par le cyclone. Mais la catastrophe ne se limite pas aux logements : les principales infrastructures économiques restent lourdement affectées, empêchant la population de reprendre sa vie normale.

Les activités portuaires fonctionnent encore au ralenti. Les deux grands hôpitaux du chef-lieu peinent à reprendre normalement leurs activités, une centaine de centres de santé de base et des centaines de salles de classe ont été endommagés ou détruits. Plusieurs routes demeurent impraticables, tandis que de vastes zones restent privées d'électricité et d'eau potable.

Dans cette situation de grande précarité, les prix s'envolent. Les matériaux indispensables à la reconstruction, comme le bois, les clous, les tôles et les autres fournitures, ont vu leurs prix grimper brutalement.

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« Profitant de la pénurie et de la forte demande, certaines personnes qui ont les moyens achètent des stocks en grande quantité à bas prix pour les revendre ensuite à des prix exorbitants », dénoncent des présidents de fokontany dans la commune urbaine de Toamasina. Ces prix ont été multipliés par trois ou quatre, d'après le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo, hier, lors de l'appel à la solidarité du gouvernement à l'endroit du secteur privé, qui s'est tenu au ministère des Affaires étrangères à Anosy, hier.

Avertissement

Cette flambée des prix survient malgré les mesures censées soulager les sinistrés grâce à des accords passés par le chef de l'État, le colonel Michaël Randrianirina, lui-même avec des quincailliers de Toamasina, pour réduire le prix des matériaux de construction, le lendemain de la catastrophe.

À Toamasina, où l'électricité n'est encore rétablie que partiellement, la hausse touche aussi les articles indispensables pour s'éclairer la nuit, comme les bougies et les torches. « Le paquet de bougies vendu à 3 000 ariary coûte désormais 7 000 ariary », témoigne Nina Arthur, habitante de Toamasina.

Le gouvernement se dit déterminé à empêcher que cette situation ne prenne le dessus. Le chef du gouvernement a lancé un ultime avertissement aux spéculateurs : « Des mesures appropriées seront appliquées. Même si d'autres urgences existent, les poursuites contre les profiteurs seront engagées sans hésitation. Ceux qui se livrent à ces pratiques n'ont pas leur place dans ce contexte de solidarité nationale. La loi sera appliquée », avait-il déclaré.

Le ministère du Commerce et de la Consommation et le State Procurement of Madagascar, une société d'État œuvrant dans l'importation de produits de première nécessité, annoncent par ailleurs la mise en place d'une vente exceptionnelle de matériaux à prix réduits dans la ville portuaire. Cette initiative vise à soulager, au moins partiellement, les familles engagées dans la reconstruction de leur habitation.

Les produits concernés incluent notamment des outils et équipements de construction tels que les tôles, les clous et d'autres matériels essentiels. Compte tenu de la forte demande, les autorités précisent que la quantité achetable sera limitée par ménage. Les acheteurs doivent présenter une carte de fokontany ainsi qu'une pièce d'identité nationale.

La reprise normale de la vie quotidienne dépendra de l'efficacité de ces mesures.

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