Centrafrique: Ouest du pays - Avec la saison de la transhumance, tensions entre agriculteurs et éleveurs ressurgissent

En Centrafrique, la saison de la transhumance bat son plein, en pleine saison sèche. Des centaines de boeufs traversent pistes et villages à la recherche de pâturages et de points d'eau. Pour les éleveurs, c'est une question de survie. Pour de nombreux agriculteurs, c'est le début d'une période d'angoisse. À Bouar, dans la préfecture de la Nana-Mambéré, le climat est tendu autour de ce sujet, ravivant des tensions anciennes et parfois meurtrières. La saison sèche, qui réduit les ressources naturelles disponibles, accentue la compétition pour l'accès à la terre et à l'eau. Dans cette région de l'ouest du pays, les affrontements entre agriculteurs et éleveurs se multiplient et les autorités tentent par tous les moyens d'y remédier.

Au milieu du champ, Adèle se tient debout, immobile. Son pagne est couvert de poussière, ses sandales s'enfoncent dans la terre retournée. Elle balaie du regard les dégâts causés par les boeufs.

« Regardez, tout est fini... C'était presque prêt pour la récolte. J'avais pris un crédit pour acheter les semences. Maintenant, je vais faire comment ? Nous cultivons pendant des mois, et en quelques minutes, tout est dévasté », lâche-t-elle.

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La veille, à l'aube, un troupeau en transhumance a dévasté au moins six champs, des dizaines de boeufs, guidés par des bergers venus du nord à la recherche de pâturages. Issa Hamadou, éleveur, affirme : « Nous ne cherchons pas de conflit avec les agriculteurs. Mais la vérité, c'est qu'il y a beaucoup de villages et de champs créés de manière anarchique ces dernières années et ils occupent les traditionnels couloirs de transhumance. De surcroît, nos troupeaux sont régulièrement volés ou tués par des bandits. »

Baliser les couloirs de transhumance

Cultivateurs et éleveurs se rejettent la responsabilité, tandis que les autorités locales tentent d'apaiser les tensions. Jean Michel Bouaka, sous-préfet de Bouar, assure : « Nous, on ne fait que sensibiliser. On tient des réunions dans les villages pour prévenir et calmer ces tensions. Le plus souvent, en cas de dévastation ou de conflit, on cherche à résoudre pacifiquement le problème dans les différents villages. »

Selon une source au ministère de l'Élevage de la Centrafrique, le gouvernement prépare actuellement une opération visant à baliser les couloirs de transhumance, à procéder au désarmement de certains éleveurs armés et à instaurer une unité chargée de sécuriser la transhumance.

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