Ile Maurice: Le syndicat plaide pour des réformes à court et long termes

17 Février 2026

Dans le cadre de la stratégie nationale de développement portuaire, une séance de consultation avec les syndicats s'est tenue le 26 janvier. L'objectif affiché était d'associer pleinement tous les acteurs concernés à la mise en œuvre des décisions du comité interministériel, présidé par le Premier ministre adjoint, Paul Bérenger, afin d'assurer une transition harmonieuse vers un port plus moderne et performant.

À l'issue de cette réunion, la Mauritius Ports Authority Maritime And Other Staff Union (MPAMAOSU) a adressé ses propositions et recommandations au Port Development Strategy Committee, le 4 février. Document dans lequel le syndicat plaide pour des réformes à court et à moyen termes.

Le syndicat rappelle que le Port Master Plan existant prévoit déjà d'importantes transformations du modèle portuaire, nécessaires au développement à long terme. Ces plans mériteraient, selon Sharvin Sunassee, négociateur du MPAMAOSU, un réexamen attentif. Le syndicat souligne également que plusieurs Human Resources Development Plans, contenant de nombreuses recommandations pour renforcer la compétitivité et l'efficacité du port, devraient aussi être reconsidérés.

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Le syndicat estime que si ces mesures avaient été mises en œuvre en temps voulu, les défis actuels auraient pu être atténués et le port ne subirait pas de retards face aux nouvelles exigences et normes du secteur maritime.

Sur la base de ce constat, le MPAMAOSU a formulé un ensemble de propositions visant à répondre aux besoins immédiats du port, tout en planifiant des mesures à plus long terme pour renforcer durablement le secteur portuaire.

Parmi les actions urgentes, le syndicat préconise l'acquisition de quatre nouveaux petits remorqueurs, et deux autres de plus grande capacité. Il propose également la création d'un département de planification stratégique portuaire, intégrant des spécialistes en marketing et en prévision de trafic maritime, voire des experts internationaux. Cette structure aurait pour mission de suivre les indicateurs de performance, d'identifier les causes de tout recul et de proposer des solutions rapides.

Recruter

Le renforcement de la formation des cadres, avec l'appui d'experts étrangers si nécessaire, figure aussi parmi les priorités afin d'assurer une gestion plus efficiente des activités portuaires, jugées complexes et interdépendantes. Le syndicat insiste en outre sur la nécessité de pourvoir les postes vacants, notamment dans les services de pilotage et de remorquage afin d'éviter toute perturbation des mouvements de navires, tout en harmonisant le système de rotation des équipes pour limiter les pertes de temps lors des relèves.

Le recrutement de Junior Pilots, prévu dans le plan de développement des ressources humaines de 2016, est jugé prioritaire pour soutenir les pilotes titulaires du Master Mariner Competency et mieux accueillir les navires de plus grande taille. Concernant la station de contrôle portuaire, le syndicat estime qu'elle doit avoir le personnel adéquat, compte tenu de l'augmentation des activités en rade et des opérations de soutage afin d'éviter des surcharges de travail et des risques pour la sécurité.

La modernisation des fonctions de harbourmastering - pilotage, services de remorquage, contrôle radio, gestion des mouillages et attribution des postes à quai - nécessiterait des mouvements de navires continus, 24 heures sur 24. La collaboration avec un opérateur portuaire étranger est évoquée comme piste de progrès, à condition qu'il s'agisse d'un véritable partenariat visant à former et restructurer durablement les équipes locales.

Le syndicat demande également des amendements à la Merchant Shipping Act et à la Ports Act pour que le temps passé en mer par les employés travaillant sur les remorqueurs soit officiellement reconnu, comme pour les équipages étrangers, favorisant ainsi la progression de carrière et le maintien du personnel qualifié. Il est aussi estimé que la Port Security Unit devrait être renforcée et bénéficier de formations régulières car la surveillance humaine reste indispensable malgré l'usage des systèmes de vidéosurveillance.

Le syndicat recommande de revoir les procédures d'acquisition d'équipements et de pièces de rechange liés au pilotage et au harbourmastering, les délais actuels étant jugés incompatibles avec les impératifs d'urgence opérationnelle. Il souhaite également que les bilans financiers annuels audités soient examinés par le Public Accounts Committee et qu'un représentant de chaque syndicat reconnu siège sur le conseil d'administration afin de mieux refléter les réalités du terrain.

À plus long terme, le MPAMAOSU propose la mise en place d'un Maritime & Port Development Committee, placé sous l'égide du bureau du Premier ministre, regroupant notamment la Mauritius Ports Authority (MPA), la Shipping Directorate, la Mauritius Shipping Corporation Ltd, la Mauritius Maritime Training Academy, des compagnies maritimes privées et un représentant de chaque syndicat reconnu.

Son objectif serait de combler, de manière structurée, le manque critique de spécialistes maritimes et de constituer un vivier de marins, officiers de pont et de machine, ainsi que de spécialistes portuaires pour soutenir la croissance des activités logistiques.

Le syndicat plaide également pour un renforcement de l'industrie maritime nationale et la modernisation des infrastructures de formation via des collaborations avec des institutions reconnues, notamment en Inde ou au Japon, avec des partenaires tels que Mitsui O.S.K. Lines. Le MPAMAOSU rappelle qu'un rapport stratégique de 2010 mettait déjà en garde contre un déficit futur d'expertise maritime en l'absence d'investissements soutenus dans la formation.

La planification de la relève et la structuration du département maritime restent également prioritaires. Le syndicat appelle à un cadre de compétences clair pour les nouvelles recrues afin de faciliter leur certification et la progression professionnelle.

Il est aussi proposé qu'en cas de restructuration, la MPA devienne uniquement régulatrice, et qu'une nouvelle société publique, détenue à 100 % par l'État, assure les opérations portuaires. Cette société, selon le syndicat, pourrait confier, via un appel d'offres international, un contrat de gestion renouvelable de trois ans à une entreprise étrangère disposant d'une expertise reconnue, garantissant ainsi la formation, la gestion et la stratégie à long terme, tout en conservant la pleine propriété du port.

Une réunion s'est tenue à la suite de l'envoi du document. À l'issue de celle-ci, Sharvin Sunassee a réitéré la demande du syndicat : «Nous pensons, en toute humilité, que nos propositions méritent d'être examinées avec attention. Nous sommes là pour en discuter et apporter notre aide. Il s'agit au minimum d'en tenir compte et d'échanger sur les propositions formulées. Nous lançons un appel au gouvernement afin qu'il revoie sa position et prenne le temps d'examiner nos demandes.»

Les décisions sur les prochaines actions syndicales dépendront de la réunion à venir, indique Sharvin Sunassee.

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