Un groupe de Chagossiens a débarqué lundi 16 février sur l'archipel des Chagos avec l'objectif d'y établir une installation permanente, plus de cinquante ans après l'expulsion de la population par les autorités coloniales britanniques.
La délégation, composée de quatre personnes, a posé le pied à 08 h 52 (heure locale) sur l'Île du Coin, dans l'atoll de Peros Banhos, défiant la zone d'exclusion imposée par Londres. À sa tête, Misley Mandarin, Premier ministre du gouvernement chagossien en exil, a annoncé que d'autres insulaires devraient suivre. Il évoque notamment les 322 personnes nées aux Chagos encore en vie, souhaitant leur permettre de rentrer « avant qu'il ne soit trop tard ».
Il était accompagné de son père, Michel Mandarin, 72 ans, qui avait 14 ans lors du déracinement. Celui-ci se souvient des conditions précaires à leur arrivée à Maurice, où sa famille avait dû dormir chez des voisins.* « Maurice n'était pas facile. Il n'y avait pas de travail »*, a-t-il confié, appelant les Chagossiens à « retourner vivre comme avant l'exil ».
Un autre membre du groupe, Antoine Le Mettre, 67 ans, a décrit la misère vécue après l'expulsion, expliquant avoir dû récupérer des légumes jetés pour nourrir sa famille.
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Sur le plan politique, Misley Mandarin affirme vouloir empêcher la mise en œuvre du projet britannique de transfert de souveraineté à Maurice. Il a directement interpellé le Premier ministre britannique Keir Starmer, estimant qu'une nouvelle expulsion serait inacceptable.
Le groupe est accompagné d'Adam Holloway, ancien député britannique, qui soutient le projet de réinstallation. Aucune réaction officielle des autorités britanniques n'a été enregistrée dans l'immédiat.